‹ Le comte de FrontenacChapitre 288 sur 358 · W., XI. 215: XII, j'v^O. — Cf. M«m. et Do':., II. J · texte numérisé non relu

W., XI. 215: XII, j'v^O. — Cf. M«m. et Do':., II. J

allés jusqu'à Trois- Rivières à la rencontre de Frontenac ; ils remontèrent, lui faisant escorte; le gouverneur les réunit à sa table, donna des fêtes en leur honneur, et reçut alors, de la reconnaissance générale, les surnons de Père du Peuple et Conservateur de la Patrie *. Telle était en effet, depuis quelque temps, l'audace des Iroquois, que Ton craignait à Montréal, d*étre privé sans retour du commerce des Lacs, indispensable à l'existence des habitants; le zèle de Frontenac à rassurer nos alliés indigènes avait une fois de plus écarté ce danger.

Les dispositions belliqueuses de ces tribus laissaient prévoir aux Iroquois, pour Thiver de 1693-1694, une guerre sans merci; de là les négociations qu'ils engagèrent à l'automne avec le gouverneur général. Un chef Oneiout, Tareha, descendit à Québec, amenant un prisonnier français pour l'échanger contre un de ses neveux retenu au Saut Saint-Louis et sous ce prétexte parler de paix au gouverneur. Tareha s'était muni de lettres bienveillantes du P. Millet, missionnaire Jésuite, dont une détention cruelle de cinq ans n'avait pas affaibli les illusions sur ses bourreaux. Frontenac reçut froidement l'ambassadeur Iroquois; il répondit à ses nombreux colliers par un seul, disant que les récits du chevalier d'O, qu'on avait enfin vu reparaître dans la Nouvelle-France, évadé de Boston, décourageaient la bonne volonté d'Onontio; que, d'ailleurs, il n'écouterait de propositions que formulées par les Cinq-Nations réunies. Personnellement, Tareha fut bien traité; son neveu lui fut rendu, et le gouverneur lui fit des présents, « ainsi qu'à la vieille Suzanne qui était partie avec lui d'un propos délibéré pour voir le comte de Frontenac, dont elle avait tant entendu parler*. » Mais, pour montrer que ces égards n'engageaient point sa politique, le gouverneur faisait construire sur toutes les côtes des bateaux plats pour le transport des troupes.

Une ambassa<lc des Cinq-Nati(»ns, conduite par Teganissorens et Torskini, neveu de la Grande-Gueule, fut alors envoyée à Montréal; mais auparavant les Iroquois s'étaient réunis à Orange et concertés avec le gouverneur de New- York. La réponse de Frontenac fut très nette; il souhaitait la paix, aussi bien que les Cinq- Nations, et la leur accorderait volontiers, si toutefois elles con-

1. Relat. de 10fl2-l»3. — Lellre de Champigny, 17 août 1693. Ar. col., C C (An., XII, 201, 254.

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