Mandements.,. I
2. Ce point est encore établi par des recherches récentes (1894) que M. Ernest Gagnon a faites dans les Archives des communautés de Québec, et dont il a bien voulu me communiquer les résultats.
3. Voir lettre de Champigny, 27 oct. 1694. Ar. col., G. G. Can., XIII, 95. .Mém. de La Mothe Cadillac* oct. 1694. îd., id.^ 178 ss.
4. Voir sur le caractère de Mareuil une lettre de d'Auteuil, 14 nov. 1696» Ar. col., C. G. Can., XIII.
436 LE COMTE DE FROiNTENAC
« pour entrer dans les intentions religieuses du roi, car les impiétés attribuées à Mareuil sont beaucoup plus dangereuses que la religion protestante ». Le Conseil était-il compétent dans Tespèce? C'est douteux, puisqu'on alla chercher pour instituer le débat des raisons aussi compliquées, mais déjà les vieilles passions contre Frontenac se rallumaient, et, comme le dira fort bien quelques mois plus tard le gouverneur général, on se ligua contre Mareuil, « haïssant peut-être plus encore sa personne que le crime qu'on prétend qu'il a commis ».
Tandis que Mareuil introduisait devant le Conseil un appel comme d'abus, observant que Tévéque aurait dû tout au moins Taverlir d'abord dans les formes canoniques, Frontenac se rendait à rassemblée et se faisait donner acte d'un écrit où il s'étonnait que Ton eût commencé, sans Ten prévenir ofliciellement, une afTaire de cette importance (8 mars 4694). Or en même temps Saint-Vallier, docile aux sollicitations des curés de Batiscan et de Champlain, excommuniait encore deux paroissiens de ces prêtres, Desjordy, capitaine réformé, et la dame des Brieux, convaincus d'adultère, puis il portait leurs causes au Conseil, comme celle de Mareuil. Ainsi Tévêque, adoptant un système de répression que ne commandait assurément aucune crise de dissipation ou d'impiété, cédait à des conseils tout au moin3 inopportuns, et provoquait l'irritation du gouverneur général. La Mothe Cadillac paraît donc avoir raison, lorsqu'il parle d'une cabale qu'avaient formée plusieurs ecclésiastiques et magistrats pour amener Frontenac à un éclat et le faire rappeler*. C'était la tactique qui avait réussi déjà douze ans plus tôt, et Saint-Vallier n était pas assez fin pour voir le piège.
Le 15 mars, fatigué des prétentions du Conseil que rendait plus agaçantes encore la correction affectée du procureur général, le gouverneur fait entendre quelques paroles imprudentes; il revendique la qualité de chef et président de l'assemblée, malgré les instructions fort explicites qui avaient naguère clos ce différend. Tout heureux de la faute, l'intendant et le procureur général protestent; on fait traîner trois mois l'examen des appels comme d'abus introduits par Mareuil, Desjordy et la dame des Brieux. Le 11 juin, Frontenac, pour couper court à ces atermoiements,