Ar. col., M. S. M., VI
d*Aubazine, son oncle. François Hazeur, marchand bourgeois de Québec, et Monseignat, premier secrétaire du gouvernement, sont nommés exécuteurs testamentaires.... Aux dernières lignes, on dirait que le vieux lutteur s*apaise; il recommande à Champigny d*assurer, d*accord avec les amis qu'il désigne, le respect de ses volontés; puis il lui lègue « un crucifix de bois de calumbourg », souvenir de M'^^de Monmort, et un reliquaire à M°^ de Champigny. Plusieurs fois, M*' Saint-Yallier était venu visiter le malade; Tintendant faisait de même, et la réconciliation de tous paraissait entière. Frontenac reçut d*un Récollet, le P. Olivier Goyer, les secours de la religion; il expira le 28 novembre, à l'àge de soixante-dix-huit ans.
Les obsèques solennelles eurent lieu, le 10 décembre 1G9S, à Téglise des Récollets. Le Conseil Souverain avait décidé d*y assister en corps, « pour faire connaître par cette cérémonie la considération qu'il a toujours eue pour la personne de 3Ion<seigneur » *. Toutes les notabilités de Ou'^hec, à la suite de TévMjue et de l'intendant, se pressaient ce jour-la dans l'église des Récollets, pour entendre l'oraison funèbre du gouverneur, par le P. Goyer '. Le prédicateur prit pour texte un verset du livre de la Sagesse : in muUitudine videbor honu% H in htllo fortl$. f Le coaite de Frontenac, dit-il, s'est fait aimer par sa iK^nté. telle a été sa vie politique: il s'e?t fait estimer par sa valeur, telle a été sa vie militaire: on le reconnaît d<fjâ â ces traiU: son portrait cependant n'est qu'ébauché: pour y mettre la deroi^rre main, unissons le serviteur de Dieu avec l'homme du roi et le chrétien au guerrier ».... Et le panéfn-riste d»}veloppe ce plan, san« firrand« élans d'éloquence, mais avec l'accent d'une couvicti«in sincère; il insiste sur le désintéressement et la piété de v^n h^rro^: il \tH,v^, vite sur les souvenirs de querellas encore brOlantes, et dé^Ure. à propos du trafic des spiritueux, que Frontenac - en avait a U fir: reconnu le danger et profe^-^é qu-:. si Dieu ne ie relirait p^.^ de ce monde, il agirait avec plu.^ de cir .or.Tprp.lion ..
Un ennemi de FroLten^c h rerr-fî] ir? mar^e* d j.'i m%ri«3«':rit de cette oraiâ«^n funèbre •-■? note^ v^r.irr.r-ïe- et iifT^rriit.ipe-: on ignore le nom de ce coii.2îenVi:^-;r. jui l . -s appira:t o;2;i:.t ^n
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très médiocre esprit; le vague et révidente partialité de ces criliques leur ôtent toute valeur, et certainement le panégyriste, qui cite des faits précis, connus et d'un contrôle facile, est ici plus près de la vérité que son malveillant glossateur : la mort de Frootenac fut très généralement regrettée dans la Nouvelle-France; le gouverneur n'avait exercé sa vigueur autoritaire que contre .quelques personnes en place, d'Auteuil, Ghampigny, Saint-Vallier; les habitants se rendaient compte de tout ce qu'ils lui devaient, et parmi les indigènes sa popularité n'avait pas diminué ' ; quelques semaines avant sa mort, il parlait encore aux Outaouais venus à Montréal ce langage de père bienfaisant et grondeur qui avait tant de succès. De Taveu de tous, la Nouvelle-France venait de faire une perte immense; pour en atténuer les dangers, le roi devait choisir comme successeur de Frontenac, un homme qui Teût suivi de près, qui Teût apprécié à Tœuvre et fût capable de le remplacer; la nomination de Callières, guidée sans doute par ces considérations, fut un acte de sagesse : il importait de ne pas donner des gages aux adversaires qui escomptaient déjà, pour ressaisir la direction politique de la colonie, la mort du vieux gouverneur.
L'attitude de Ghampigny pendant les derniers jours de Frontenac avait été correcte; mais une lettre que Tintendant adresse à la Cour le 2t2 décembre, après que les obsèques solennelles ont clos a période du deuil public, révèle quel était alors le fond de sa pensée et ce qu'il espérait du successeur de Frontenac, ir débute par les éloges de rigueur; Frontenac et lui, dit-il, « n'ont jamais été divisés que sur le service du roi ». Puis il parle de Tavenir: Gallières a été informé par ses soins, mais n'a point envoyé de réponse; on doit donc supposer qu'il est malade, ce qui lui arrive souvent depuis quelque temps. Ghampigny termine en souhaitant que le nouveau gouverneur « n'ait d'autre but que d'exécuter les ordres du roi, afîn que l'intendant puisse agir de concert avec lui, et lui montrer la déférence qu'il devra » '. Selon le vœu de Frontenac, Ghampigny prit soin de faire exécuter ses dernières volontés; après délivrance des legs, il envoya les deniers restant à M™* de