Lettre du 17 mai 1674, id,, id
5. Par la lettre de Colbert du 17 mai 1674. Les provisions de Villeray sont datées aussi du 17 mai 1674; celles de d'Auteuil, du 27 mai (Ar. col. M. S. M., II, 218).
instruire tous les autres à rendre une prompte obéissance aux ordres de Sa Majesté », il estime qu'un « manquement de formalité » ne suffit pas à le dispenser d'agir et se prononce pour le rétablissement de Villeray.... Mais alors des objections sont présentées, par des conseillers mêmes, avec tant d*à-propos, que ces protestataires semblent s'être entendus d'avance avec le gouverneur; à leur demande, Villeray prendra place parmi les conseillers, « sans lui donner de rang pour le présent et sans que cela puisse nuire et préjudicier à celui qu'il prétend, le tout par provision, et en attendant seulement qu'il représente ses provisions ou qu'il plaise à Sa Majesté de déclarer ses intentions à ce sujet ». Évidemment Frontenac fut satisfait de ce retard ; dans sa lettre du 14 novembre 1674, il représentait à Golbert qu'on l'avait trompé sur l'activité commerciale de Villeray, qui n'aurait même pas une barque sur le Saint-Laurent, bien loin de penser à envoyer des vaisseaux aux Antilles ^ Ce magistrat fut pourtant maintenu, et même on verra plus loin comment le roi, mécontent de ces premières disputes, modifia la constitution du Conseil Souverain de Québec.
Un autre incident • se produisit, au début de 1675, qui montre quelle était, en matière d'étiquette, la susceptibilité de Frontenac; un jour, dans le Conseil, le procureur d'Auteuil avait employé à l'égard du gouverneur des termes inusités; Frontenac vint à la séance du 26 mars 1675, exprès pour déclarer qu'il avait toujours admis jusque-là le protocole établi, sans demander aucun changement, et qu'il tenait à ce qu'on n'y touchât point. Il était déjà en mauvais termes avec d'Auteuil, grand ami des Jésuites, et n'était point fâché de lui faire sentir son autorité; dans respèce le procureur s'excusa sur son inexpérience, et l'ancien protocole fut gardé. — Ces questions nous paraissent aujourd'hui bien petites et nous sommes surpris qu'un homme de lïntelligence de Frontenac s'attache à des mesquineries de ce genre. Il ne faut pas oublier cependant qu'en un siècle où la cour est l'institution centrale de la monarchie, les moindres détails de l'étiquette prennent une valeur propre et portent un sens politique : quelles ne sont pas les indignations de Saint-Simon, à propos du bonnet des par-
i, Ar. col., C. G. Can., IV, 61 ss.