‹ Le comte de FrontenacChapitre 53 sur 358 · Ici., II · texte numérisé non relu

Ici., II

Les Jésuites avaient l'habitude, depuis leur? premiers traw^ux au Canada, de publier chaque année, smis le nom de Htlntion, les rapports de leurs missionnaires de la Nouvelle-France : ces Relations ne sont point, dans la pensée de leurs éditeurs, une histoire, aonée par année, de la colonisation française; on ne doit point en attendre une grande variété d'informations; ce sont, avant tout, des opuscules d'édification et de propagande pour la Société de Jésus : il est clair, en effet, que les récits de missions périlleuses comme celles des PP. Allouez, de Crépieul et tant d'autres, devaient entretenir parmi les pieux lecteurs d'Europe un enthousiasme généreux; n'est-ce pas encore aujourd'hui la charité privée qui, sollicitée par des publications du même genre, fournit aux ordres de missionnaires le meilleur de leurs ressources? Un document de la Compagnie de Jésus ^ parle de souscriptions aux missions huronnes envoyées de France et même de llouu^ Il n'y a là rien d'étonnant, car en lisant dans les llelations nombre d'anecdotes pittoresques ou touchantes, on est frappé tout d*abonl de Taccent d'indéniable sincérité des auteurs comme do leur infatigable dévouement. La Nouvelle-France apparaît comme un champ merveilleux d'exercices spirituels, et Ton est porté h ne» point marchander son concours à une œuvre religieuse qui peut, faute de points de comparaison, paraître considérable.

Pourquoi donc la série des Relations est-elle l)rus(|uein(*iit interrompue en 1673? Le volume de lG7i-72 paraît encore, livs rapidement publié, puisque le manuscrit partit de Québec par les vaisseaux de 1672 et que le permis d'imprimer de La Keynie est daté du 9 janvier 1673. Mais depuis, plus rien. Les Pères de la Nouvelle-France continuaient bien d'envoyer leurs rapports; mais le supérieur général les conservait à (Juébec, où le P. Martin en a retrouvé plusieurs, encore inédits en 1801. (jnuiiutni exjiliquer la décision de 1673? Les uns ont supposé qu*il y avait eu des plaintes des gouverneurs de la colonie contre les Jésuites ; d*autn*H ont pensé que la Propagande Romaine était intervenue pour faire suspendre les Relations. Le P. Martin déclare, dans la préface de s^>n recueil, n'avoir trouvé aucun document à l'appui de ces hypothèses: il estime pour sa part que les IVre-^, dé-ireux de maintenir la paix au Canada, et connaissant la busceptibilité de

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