‹ Le comte de FrontenacChapitre 61 sur 358 · Ar. col., C. G. Cao., IV · texte numérisé non relu

Ar. col., C. G. Cao., IV

comme par le récit de son voyage, il est certain que Montréal n'élait pas, pour son expédition, la base d'opérations proprement dite; c'est seulement au Saut-Sainte-Marie ou à Michiilimackinac qu'il réunit, pendant Thiver de 1672 à 1673, les hommes et les provisions qui lui étaient nécessaires. A cet effet, le gouverneur et rintendant, pleins de confiance dans ses qualités, lui avaient sans doute laissé toute initiative. Or, le P. Marquette connaissait déjà JoUiet, qui avait séjourné aux Outaouais lors d'un précédent voyage ; ils auraient même tous deux concerté bien des fois l'entreprise qu'ils allaient enfin tenter*. 11 est donc très naturel que JoUiet ait accepté, sinon sollicité, la compagnie du P. Marquette. Mais, comme au retour, celui-ci s'arrêta en chemin au lieu de descendre jusqu'au Canada, comme sa relation ne fut pas publiée tout de suite, comme JoUiet, d'après les documents qui nous parlent de son voyage, ne cite même pas le nom de son compagnon, Frontenac ignora peut-être longtemps qu'un Jésuite se fût joint à l'exploration '. Au moins doit-on supposer , contrairement à ce que dit Gharlevoix, que le P. Marquette fut pour Jolliet une recrue bénévole et non point le chef officiel de l'expédition. Il eût été trop singulier qu'un gouverneur, qui déjà trouvait excessive la situation des Jésuites, eût confié à l'un d'entre eux le soin d'une découverte qui les aurait rendus plus puissants encore. D'autre part, il n'est pas douteux que le P. Marquette agissait sur l'ordre du P. Dablon, supérieur général des Jésuites du Canada '.

Le 17 mai 1673, Jolliet et Marquette partirent de Michillimackinac avec cinq hommes, divisés en deux canots; ils remontèrent le lac Michigan, puis la baie des Puants^; bien accueillis au fond de cette baie par la nation « de la Folle-Avoine » et celle du Feu, ils reçurent des guides pour s'avancer vers l'ouest dans un pays qu'aucun Français n'avait encore vu ; ici commence véritablement la découverte et lorsque les explorateurs sont prêts à descendre sur le Mescousing (Wisconsin), Marquette a bien conscience qu'ils

!. Douniol, I, 194.

2. La Potherie, qui était au Canada dans les dernières années du siècle, parle aussi de Jolliet seul, 11, 130. Voir la note à la fin du chapitre.

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