à 12 canots chacune. Margry, I
gauche celle des Hurons et des Algonquins. Deux autres escadres marchaient sur une troisième ligne et faisaient Tarrière-garde. » La première réception, le 13 juillet, ne fut pas moins solennelle : « On battit aux champs dès la pointe du jour, et sur les sept heures, tout le monde fut sous les armes.... On rangea les troupes en deux files qui entouraient la tente de M. le comte de Frontenac et tenaient jusqu*aux cabanes des sauvages; on mit devant la tente de grandes voiles pour les asseoir, et on les fit passer au travers des deux files; Us furent surpris de voir un tel appareil, qui leur semblait nouveau, ainsi que tous les gardes, avec leurs casaques, qui étaient une chose qu'ils n'avaient point encore vue. »
Les entretiens commencèrent et depuis ce moment, pendant que Ton travaillait au fort, il ne se passa pas de jour que Frontenac n'invitât à sa table quelque chef sauvage, tantôt Garakonthié, qui avait décidé la plupart de ses compatriotes à venir au rendez-vouSy tantôt Torontishati, qu'on lui avait signalé comme fort ennemi des Français et qu'il fallait gagner à tout prix; Le Moyne, interprète du comte, avait ordre de lui amener à tous les repas deux ou trois des principaux Iroquois. « 11 caressait leurs enfants toutes les fois qu'il les rencontrait, et leur faisait donner du pain, des pruneaux, des raisins et autres choses, ce qui satisfaisait tellement les sauvages qu'ils ne désemparaient point de sa tente, non plus que les femmes qu'il régalait de présents pour les engager à danser le soir » ; dans ses conversations, comme dans ses discours, il s'attachait à employer le langage familier à ces sauvages, multipliant les images et les métaphores, parlant de la natte qu'il avait mise à Catarocouy, du feu qu'il y avait allumé, pour qu'ils vinssent pétuner * autour, dénonçant le mensonge des brouillons qui accusaient Onontio de vouloir manger les villages, alors qu'il vient, le cœur rempli de douceur et de paix, pour visiter ses enfants.
Par ces diverses habiletés, Frontenac se faisait écouter des indigènes, et prenait sur eux un ascendant personnel considérable ; dans ces harangues si bien appropriées à leurs habitudes et qu'il regrettait, disait-il par une nouvelle flatterie, d'être forcé de leur faire traduire, il disait très nettement comment il comprenait son rôle de gouverneur général, et ce qu'il attendait de la réunion si