‹ Le comte de FrontenacChapitre 68 sur 358 · Voir p · texte numérisé non relu

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2. D'après le P. Leclercq (U, 110), cet avis n'aurait pas été très désintéressé; quelques-uns voulaient entraver Texpédition. Mais les documents contemporains ne signalent rien de tel, et le P. Leclercq, dont le livre date de 1691, prête ici trop tôt aux ennemis de Frontenac des desseins d'opposition. Les missionnaires des Iroquois, on Ta vu plus haut, désiraient au contraire une démonstration militaire.

personne à la réception qu'on lui avait faite, lorsqu'il arriva de Québec. Le 29 juin, l'expédition se mit en route; Frontenac avait eu soin de fixer le point de départ en amont des rapides de la Chine, voisins de Montréal, qui sont les plus dangereux du Saint- Laurent; c'était autant de gagné, mais ce ne fut pas dans beaucoup de fatigues que Ton franchit ceux qui se présentent ensuite, près du lac Saint-François. Par bonheur, TaUégresse était générale, aucun canot ne se perdit, et, malgré les pluies qui assaillirent et retardèrent l'expédition, on débarquait le 9 juillet près de l'entrée du lac Ontario, à un endroit où déjà La Valtrie, envoyé de Montréal en avant-garde, avait installé un entrepôt de vivres et de munitions. C'est là que Frontenac reçut des nouvelles de La Salle; les Iroquois étaient à Kenté; il ne restait plus qu'à les amener jusqu'à l'embouchure de Catarocouy qui est à vingt lieues au-dessous de Kenté, le gouverneur ayant jugé sur la carte, « après beaucoup de consultations et d'avis différents, que ce serait un lieu fort propre pour y faire l'établissement qu'il méditait ». Frontenac saisit un prétexte; il n'entendait point favoriser les Iroquois établis à Kenté en leur faisant l'honneur particulier d'une visite ; il attendrait donc les envoyés en un ^utre lieu, « pour leur faire connaître qu'il ne préférait point les uns aux autres, et qu'il serait toujours leur père commun tant qu'ils demeureraient dans l'obéissance et le respect qu'ils devaient au roi ». Les abbés de Fénelon et d'Urfé, chargés de porter ce message, réussirent à souhait; le 12 juillet, la flottille française rencontrait les chefs iroquois, venus avec d'Urfé au-devant du gouverneur, et tous cabanaietit, de conserve, dans la rivière de Catarocouy.

Frontenac n'avait rien omis pour frapper l'imagination des ambassadeurs indigènes : il avait fait construire deux grands bateaux à fond plat, armés de canons, et peints de couleurs inusitées; dans l'Ontario, dès qu'il avait prévu l'approche des chefs iroquois, il avait mis sa flottille en ordre de bataille : « quatre escadres *, faisant l'avant-garde, marchaient de front sur une même ligne; les deux bateaux suivaient; M. le comte de Frontenac marchait ensuite, à la tête de tous les canots de ses gardes, de ceux de sa maison et des volontaires qui étaient auprès de sa personne, ayant à sa droite l'escadre des Trois-Riviéres et à sa

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