‹ Le comte de FrontenacChapitre 80 sur 358 · cf., C. G. Can., IV · texte numérisé non relu

cf., C. G. Can., IV

pas si restrictive : ces habitants ont le droit d'emmener avec eux deux sauvages et de « passer et repasser librement avec deux canots et leur charge, équipage et marchandises '. »

D*accord avec les missionnaires, Frontenac s'efforçait de restreindre l'ivrognerie chez les indigènes ; ces malheureux s'enivraient souvent avec la complicité de quelques colons et devenaient alors furieux, dangereux comme des bétes féroces; dans ses discours aux Iroquois, venus à Gatarocouy, Frontenac recomloandait la tempérance : prenez garde, disait-il, de ne point boire avec excès; il n'y a rien de si peu digne d'un homme raisonnable et qui a Tesprit bien fait; si les Iroquois traitaient leurs ivrognes avec un grand mépris comme le font les Français, leurs jeunes gens se corrigeraient infailliblement '. Quelques jours auparavant, en passant à Montréal, Frontenac avait appris que des sauvages causaient du désordre après s'être enivrés dans la maison d'un habitant; il descendit et punit celui-ci, nommé Rolland, pour avoir « servi à boire aux sauvages malgré les défenses qui lui en avaient été faites et réitérées ' i>. S'il était interdit de vendre des alcools aux sauvages dans les habitations, à plus forte raison défendait-on de leur en porter dans les bois, comme le prouve le congé du sieur Le Duc, cité tout à l'heure.

Frontenac voulait donc, puisque les coureurs de bois étaient, en même temps que les missionnaires, les intermédiaires entre les Français et les sauvages, leur imposer quelques règles, afin d'assurer nos bonnes relations avec nos voisins indigènes; en diminuant le nombre de ces aventuriers, on pourrait peut-être organiser quelques marchés fixes, où les sauvages viendraient s'approvisionner eux-mêmes et trouveraient des conditions certainement meilleures que celles qui leur étaient faites dans les bois, par des traitants armés; on aurait chance ainsi de les détourner des Anglais et des Hollandais qui leur offraient précisément des prix plus avantageux parce qu'ils commerçaient d'une manière plus pacifique, plus régulière que les Français ; le fort de Gatarocouy, dans la pensée de Frontenac, devait devenir un de ces entrepôts, où l'on aurait, au besoin, la facilité d'établir an tarif, comme on le faisait à Québec et Montréal pour les

i. Ar. coL, G. G. Gan., IV, 55.

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