‹ Le comte de FrontenacChapitre 97 sur 358 · Cf. rintroduclion, p · texte numérisé non relu

Cf. rintroduclion, p

traînant en longueur, celui-ci vint en France en 1672, et déclara nettement à la Propagande qu'il ne retournerait point au Canada, s'il n'était assuré, par la collation d*un litre supérieur à celui de Ticaire apostolique, « contre les officiers de la cour, émules perpétuels et contempteurs de la puissance ecclésiastique ». Ces dispositions, connues du roi, n'étaient pas de nature à presser la solution; des notes furent échangées avec la Curie, pour obtenir qu'au moins Tévêché de Québec fût déclaré suffragant d'un siège de France, Rouen ou Paris. Le pape tint bon, et, le 15 décembre 1673, Louis XIV céda : il écrivit au souverain pontife pour le prier d'expédier les bulles. Il avait d'ailleurs prouvé à M*?»" Laval le cas qu'il faisait de sa personne, en lui conférant Tabbaye d'Es- Irées en Normandie'; la bulle pontificale y joignait la mense abbatiale de Maubec, dans le diocèse de Bourges; cet acte portait en toutes lettres que l'évêché de Québec relevait immédiatement du siège apostolique; le roi, pourtant, n'accepta pas volontiers cette clause, car, en 1677, des négociations étaient encore ouvertes à Rome, en vue de la faire rapporter *; il ne parait pas quelles aient abouti. Le 24 avril 1675, Tévêque de Québec prélait serment au roi et, dans le courant de l'été, s'embarquait pour le Canada. Peu de jours avant son départ, il avait par acte du 19 mai 1675, uni son séminaire de Québec à celui des Missions Étrangères de Paris, c'est-à-dire, selon les propres termes de l'abbé La Tour, son biographe, à une « congrégation secrète des Jésuites, dont le supérieur avait rassemblé plusieurs ecclésiastiques et leur avait inspiré le dessein de se consacrer à la conversion des idolâtres' ». N'est-ce pas une démarche bien caractéristique? L'évêque n*indique-t-il pas ainsi qu'il veut diriger son diocèse à la façon d'une mission? Ce sera la cause essentielle de ses différends avec Frontenac; et Colbert venait d'affaiblir, en la dédoublant, Tautorité du gouvernement civil de la Nouvelle-France, au moment même où la nomination de M^ Laval confiait en ce pays les revendications du pouvoir religieux au moins conciliant des prélais.

i. Voir Gosselin, Vie de Laval, I, 677.

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