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faut donner acte à Perrot de ses protestations. Les choses en étaient là lorsque Frontenac, trouvant une occasion d'écrire en France par la voie de Boston, s'empressa d'envoyer à Colbert, le 16 février 1674, un mémoire sur la question, pensant qu'il pourrait avoir une réponse par les vaisseaux de l’année. Cet espoir fut décu, car, lorsque Colbert rédigea sa lettre du 17 mai, le mémoire ne lui était sûrement point parvenu; dans le cas contraire, il n’eût pas terminé par ces mots : « Sa Majesté m'ordonne aussi de vous recommander particulièrement la personne et les intérêts du sieur Perrot, gouverneur de Montréal et neveu du sieur Talon, son premier valet de chambre !. » L'abbé de Fénelon, pendant ces premiers débats, n’était pas resté inactif; étonné, puis irrité de la rigueur de Frontenac, il avait voulu s’entremettre, avait sollicité, jusqu’à se rendre importun, des audiences du gouverneur général ; puis sur les refus de celui-ci, le maladroit abbé s’avisait de communiquer en secret avec Perrot prisonnier! Il n’eût pas mieux fait s'il eût voulu provoquer la colère de Frontenac, dont le moindre défaut était de ne point aimer la contradiction; après quelques jours de démarches, craignant, nous dit Faillon, que le gouverneur exaspéré ne lui retirât le bénéfice de ses libéralités antérieures, il regagna Montréal et transféra au séminaire de Saint-Sulpice la concession de l'ile Courcelles (26 février 1674). Tranquille désormais sur les conséquences de sa conduite, il ne va pas tarder à faire de nouveau parler de lui et à compliquer, par son zèle brouillon, l’affaire de son ami Perrot.
L'arrestation du gouverneur de Montréal avait permis à Frontenac de reprendre, avec une énergie nouvelle, sa campagne contre les coureurs de bois. L'œuvre accomplie pendant cette année 1674 est considérable; elle fut poursuivie avec une méthode persévérante, qui fait grand honneur à Frontenac. Carion, dont la conduite violente avait amené le procès de Perrot, fut une des premières victimes de ces rigueurs; dès le 6 avril, il était mis aux arrêts, par décision du Conseil Souverain, pour avoir contrevenu aux ordres du roi et du gouverneur général; on le laissait libre toutefois de sortir pour vaquer à ses affaires dans Montréal, « à la charge de se présenter toutes fois et quantes il serait ordonné » par Tilly, conseiller délégué; le 24 septembre, le Conseil le