‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 103 sur 395 · Clément, III · texte numérisé non relu

Clément, III

condamnait à cent cinquante livres d'amende, « pour avoir équipé de marchandises des coureurs de bois ». Brucy, l'agent principal de Perrot, fut puni de même, après une longue détention, de 200 livres d'amende. Parfois les peines étaient encore plus dures, car Frontenac n'avait rien retranché de son ordonnance de septembre 1672; un arrêt du Conseil Souverain, le 23 juin 1674, condamne à la pendaison un coureur nommé Thomas; un autre, Yvelin, devra faire amende honorable et sera banni pour deux ans de Montréal; Ja sentence sera placardée dans cette dernière ville, à la Chine et dans l'ile Perrot. Dès le mois de février 1674, Frontenac avait renouvelé sa prohibition contre la vente des armes aux sauvages et rappelé qu’un indigène, surpris eu état d'ivresse, devait payer une amende fixée à une peau d’orignal !,

Pour assurer cette répression impitoyable, il avait envoyé à Montréal des agents sûrs; un officier, La Nauguère, recevait commission, le 10 février 4674, pour « commander dans la ville et ile de Montréal pendant que le sieur Perrot en serait absent » ; un magistral spécial avait été créé pour l'expédition des affaires relatives aux coureurs de bois : c'était Boisvinet, jadis établi par Talon comme juge à Trois-Rivières. Ces deux nominations ne tenaient point compte de la seigneurie du séminaire de Saint-Sulpice que l'on n'avait pas consulté; mais les prêtres de cette communauté se contentèrent d’une protestation modeste, probablement de pure forme, qu'ils firent porter au juge ordinaire de Montréal, d’Ailleboust, par leur procureur fiscal, Migeon de Bransac ?; il n’en fut point tenu compte, car le 20 octobre 1674, Frontenac signait une ordonnance pour faire payer à La Nauguère les appointements de gouverneur de Montréal, retenus à Perrot .

Dans l'été qui suivit les débuts du procès, Frontenac monta lui-même à Montréal pour présider à la grande foire annuelle qui s’y tenait à la venue des sauvages. La Potherie #, après La Hontan’, décrit ces marchés, où se rassemblaient des indigènes venus de cinq ou six cents lieues à la ronde: les étalages étaient dressés sur le bord du fleuve, et des soldats exerçaient une surveillance cons-

1. Jug. du C. S., I, 800, 802, 814, 848, 872, 891. 2, Faillon, III, 481.

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