‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 105 sur 395 · Nicolas | 2, Texte au . 12 nov · texte numérisé non relu

Nicolas | 2, Texte au . 12 nov

. Jug, du 5, Ar. col., 6. Jug, du

juipé cipal 1, de s, Car mbre ine À levra réal:

ne et avait ages

payer

)yÉ à comile de agistives l'alon aient

pure Aillen fut

tante, car on avait vu des traitants enivrer les sauvages, ou même les assommer pour s'emparer de leurs pelleteries ‘; la foire durait parfois tout l'été, de juin à septembre; en échange de leurs pelleteries, les sauvages recevaient des ustensiles, des vêtements ; malgré des défenses souvent réitérées, on leur vendait aussi des liqueurs fortes, des armes et des munitions. Le malicieux La Hontan soupconne que les gouverneurs généraux venaient à ces réunions pour « partager le gâteau » : Frontenac, en 1674, avait mieux à faire; dans un billet qu'il adresse, le # juillet, au major de Québec *, il montre comment il s'occupe, et se félicite d'un bon coup de filet de M. de Verchères, qui lui ramène douze coureurs de bois, dont La Rousselière et La Noye, qui ne sont pas des moins fameux.

Ce n’était pas tout d'arrêter les coureurs, il fallait encore les fixer, pour que leur travail profitât davantage au développement de la colonie; le gouverneur n’y manque point; le témoignage de ses lettres à Colbert * est ici confirmé par les documents moins personnels du Conseil Souverain. Docile aux avis du ministre, Frontenac encourageait les Canadiens à construire des vaisseaux ; Bazire, malgré les dangers de la guerre avec la Hollande, venait d'en envoyer un aux Antilles; d’autres promettaient de s’adonner à la pêche ; des vagabonds, frappés d'abord d’une amende, recevaient ensuite des terres pour devenir habitants; le Conseil Souverain rappelait aux concessionnaires de domaines l'obligation où ils étaient de défricher à peine de déchéance. À la fin de 1674, après une nouvelle ordonnance du à novembre Ÿ, Frontenec se vantait qu'il n’y avait plus que cinq coureurs de bois réfractaires. Cela ne signifie pas qu'il condamnèt entièrement la traite; il savait qu’elle est nécessaire à la vie même de la Nouvelle-France, où, faute d'argent, les pelleteries sont la monnaie courante; mais il voulait éviter, sous prétexte de traite, la dispersion et l’indiscipline des colons : l'arrêt du Conseil de Québec du 22 avril 46756 est très précis à cet égard ; il formule, de la manière la plus heureuse, la pensée vraie de Frontenac : il restreint le bénéfice de la

. Nicolas Perrot, p. 115.

. Texte autographe, Ar. col., C. G. Can., IV, 56. 3, 12 nov. 1674. Id., id., 71 ss.

t. Jug. du C. S., I, 887, 5, Ar, col., GC. G., Can., IV, 96. — Id., M. S. M., . Jug. du C. S., I, 923.

traite aux seuls habitants, c’est-à-dire « à ceux qui ont feu et lieu, et travaillent à l'augmentation de leur habitation » ; cet arrêt déclare encore que le gouverneur donnera des congés de chasse, « comme il a toujours fait, à ceux-là seulement qu'on lui certifiera avoir des habitations et y travailler actuellement »; il n’y a point là contradiction puisque l’époque de la chasse est l'hiver, c'està-dire la saison où la terre, durcie par la gelée, interdit tout travail au laboureur. Ainsi Frontenac avait utilement employé son énergie, et sa vigilance avait, certainement, beaucoup réduit le mal dont souffrait la Nouvelle-France; le gouverneur géntral n'avait point négligé, cependant, de faire continuer le procès de Perrot, et cette affaire avait pris une importance nouvelle par l'intervention malencontreuse de l’abbé de Fénelon.

Dans l’interrogatoire du 31 janvier, auquel il avait consenti à répondre !, Perrot avait reconnu avoir fait arrêter le sieur du Pas, muni d’un congé de Frontenac, et laissé libres au contraire d’autres personnes qui trafiquaient dans l'ile Perrot; il avait objecté aux enquêteurs que, celles-ci ne se trouvant point dans les limites de son gouvernement, il n'avait pas à s'en préoccuper, tandis que du Pas et ses compagnons, contrairement aux termes formels de leur congé, vendaient de l’eau-de-vie aux sauvages, et cela, dans l'ile même de Montréal. Quant à lui, Perrot, il n'avait plus délivré de permis de traite depuis les derniers ordres de la Cour ; auparavant, il n’en avait donné que six. Il n’est pas besoin d'en noter davantage pour prouver que Perrot faisait échec à l'autorité de Frontenac; ces traitants qu'il refusait de poursuivre, parce qu’ils n'opéraient point dans son gouvernement, c’étaient son lieutenant Brucy et ses associés, dont le Conseil Souverain jugea la complicité si bien établie, qu'il joignit leur cause à celle du principal accusé, par décision du 14 avril 1674 ?.

Pourquoi le gouverneur de Montréal, après avoir fait acte de soumission, refuse-t-il ensuite de répondre à l'enquête? Parce qu'il avait appris la nomination de La Nauguère, dit l'abbé Faillon. Ceci n’est pas exact, puisque la commission de La Nauguère est du 10 février, et que le Conseil enregistre, le 8 de ce mois, le refus de Perrot *. Le prisonnier était alors au secret, et

Page 1