‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 106 sur 395 · Id., id · texte numérisé non relu

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PROCÈS DE PERROT ET DE L'ABBÉ DE FÉNELON an

le mémoire où il déclare que le gouverneur général voulait le perdre, « pour mettre à sa place une de ses créatures, La Nauguère, gendre de la demoiselle Denys, propre nièce du sieur de Tilly ! », est daté seulement du 13 juin. Nous ignorons donc les vrais motifs de Perrot. Quant au Conseil, il donne une preuve des intentions de justice qui l'animaient en désignant une commission pour examiner les récusations de Perrot, au lieu de passer outre purement et simplement; vu le petit nombre des magistrats du Conseil proprement dit, il fallut recourir à des étrangers, Louis Char tier, lieutenant général de Québec, Bazire, La Ferté et le greffier de la justice ordinaire de la ville, Rageot ?. Perrot récuse encore ces commissaires; il lui est trop facile de paralyser ainsi toute action de la justice, et cette fois, ses conclusions sont rejetées. C'est sans doute vers cette époque (été de 1674) qu'arrivent les correspondances de France. Frontenac peut constater par la lettre annuelle de Colbert que son précédent mémoire n'a pas été reçu avant le départ de ce courrier, et que Perrot dispose à la cour de protections particulières. Est-ce pour ces raisons que le Conseil, qui avait jusqu'ici montré plus de fermeté, se dérobe en décidant d'envoyer le dossier à Paris? Un arrêt du 6 septembre ordonne que les questions si délicates de « récusation et prise à partie » seront déférées au roi, mais que l'instruction continuera, confiée aux mêmes commissaires qui l’ontcommencée;le 22 octobre, les derniers témoins sont entendus, afin que toutes les pièces soient expédiées ensemble; il est sursis à l'arrêt jusqu’à ce que les questions de récusation renvoyées en France aient été tranchées *. Cependant Perrot, détenu au château Saint-Louis depuis le 21 janvier, ne cessait d'adresser au Conseil requête sur requête ‘; dans la dernière, datée du à novembre, il demandait qu'on le fit passer en France pour y être jugé. L'affaire était embarrassante; elle s'était doublée du procès de l'abbé de Fénelon; le Conseil et, sans doute, Frontenac lui-même furent trop heureux de saisir celte occasion pour sortir honorablement d’une situation difficile;

. dug, du C. S., 1, 805. — Ar. col., M. S. M, II, 221.

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