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avaient gagné l'amitié des Iroquois en vivant à leur manière, par les missionnaires, enfin, Talon et Courcelles cherchèrent à ménager d'abord des relations de bon voisinage; il leur parut ensuite qu'une démonstration de force était nécessaire contre ceux des Iroquois que leurs bons procédés n'avaient pas touchés.
Des chefs sauvages de la région des Lacs (haut pays, pays des Outaouais) se trouvaient à Québec au moment de l’arrivée de Courcelles; « ils furent bien étonnés, en voyant tant de soldats, auxquels on donna l’ordre de se partager dans les côtes pour soutenir les habitants de la Nouvelle-France; on fit la même année les détachements nécessaires pour travailler à la construction des forts de Sorel et de Chambly ‘ ». Le bruit de ces préparatifs se répandit parmi les indigènes, et, dès l’année 1665, trois des Cinq- Nations iroquoises envoyèrent des ambassadeurs à Québec sous la direction du chrétien Garakonthié; les Oneiouts s’étant joints ensuite aux députés, la paix fut conclue avec quatre des tribus iroquoises, et toute liberté d'action laissée aux Français contre la seule demeurée hostile, la plus voisine de leurs établissements, celle des Agniers ou Mohawks ?. Courcelles, avec des miliciens recrutés parmi les habitants et quelques soldats du régiment de Carignan, venus avec lui de France, fit contre les Agniers une première campagne d'hiver. Tracy lui-même dirigea, l'été suivant (1666), une autre expédition, avec 1200 à 1500 hommes, la plus forte armée que l’on eût encore vue au Canada. Ce fut une promenade militaire plus qu'une guerre; les Iroquois s’enfuyaient, insaisissables, à l'approche des Français; mais ceux-ci s’emparèrent de leurs récoltes et brûlèrent leurs villages *. Jamais les Iroquois n’avaient souffert pareil désastre ; ils étaient accoutumés à triompher sans peine des peuplades indigènes, moins guerrières, moins organisées qu'eux; effrayés de la puissance de leurs voisins étrangers, ils vinrent demander la paix (juillet 1666) *. On fut heureux de la leur accorder, car la pauvre colonie était déjà épuisée par l'effort qu’elle avait dû faire. Cette paix va durer dixhuit ans; assurément, les Iroquois ne seront pas sans s’apercevoir bien vite que les Français du Canada sont moins forts qu'ils