Ar, col., CG. G. Can., II
ne l’avaient cru d’abord. Mais ils sont alors occupés à d’autres guerres, contre des tribus du sud, puis l’amitié des Canadiens sert leurs intérêts, car très adroitement, Courcelles et Talon profitèrent de l'impression produite, pour entrer en relations d’affaires avec eux. L'entreprise ne manquait pas de difficultés : il y avait malgré tout de fréquentes rencontres entre chasseurs iroquois et coureurs de bois français, et l’on en venait aux mains quelquefois. Courcelles s’attacha toujours à prévenir un conflit général; un jour, des pillards français ayant volé les pelleteries d’un chef iroquois, il alla lui-même à Montréal, où se trouvaient alors des parents de la victime, pour désavouer les agresseurs dont trois furent fusillés. Frontenac, plus tard, continua cette même politique; poussé parfois à la guerre, il préféra toujours négocier; comme Courcelles, il sentait le danger de provoquer les Iroquois, surtout en présence des établissements rivaux de la Nouvelle-Angleterre. Déjà Courcelles montre beaucoup d’habileté dans sa diplomatie avec les sauvages; il invite les chefs à sa table, distribue de nombreux présents, s'affirme comme le père commun de toutes les tribus et le gardien de la paix générale entre elles; c'est lui qui eut l’idée première de la construction d’un fort français au nord-est du lac Ontario; Frontenac, héritier de cette idée, l'a réalisée; jamais mieux on n’apprécia cette politique de prudence et de progrès pacifiques, que sous La Barre et Denonville, successeurs de Frontenac, qui l’abandonnèrent pour faire la guerre.
L'expédition contre les Iroquois terminée, les administrateurs restaient libres de s’occuper de la colonisation proprement dite; Colbert l'avait dit à Talon, le roi désirait qu'après cette guerre, on engageût les soldats à se fixer dans le pays, « en faisant à chacun d’eux une légère gratification au nom de Sa Majesté, et leur procurant même, des anciens habitants, quelques terres défrichées outre celles qu’on pourrait leur accorder pour les mettre en culture ! ». Un projet de règlement ? de Tracy et Talon, daté du 24 janvier 1667, pose les principes de cette colonisation militaire. On s’efforcera, disent les auteurs, de rapprocher les habitants, ce qui sera utile contre les Iroquois aussi bien que pour la facilité
4. Instructions de Colbert à Talon, 27 mars 1665, dans Clément, IIT?, 395. 2. Ar. col,, CG. G. Can., II, 334,
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