‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 129 sur 395 · Vie de Laval · texte numérisé non relu

Vie de Laval

Québec pour délibérer sur cette question; le gouverneur général présidait;, l'évêque, l'intendant étaient présents, ainsi que les principaux seigneurs des fiefs du voisinage; on reconnut qu'un prêtre résident ne peut subsister avec moins de 374 livres par an; en outre, les frais d'entretien sont nécessairement assez élevés, puisque ces ecclésiastiques sont obligés à de continuels déplacements dans l'étendue de leurs immenses paroisses; on n’exagérait done rien en fixant à 500 livres par an la somme que l’on devait demander aux habitants pour les payer; de plus, le curé disposerait l’été d’un canot, l'hiver d’un domestique, pour porter « les hardes et la chapelle » !. Ces prétentions ne semblent pas trop ambitieuses, surtout si l'on songe que les espèces de France étant majorées fictivement d’un quart au Canada?, et les marchands ne voulant point subir la perte du change, les prix des denrées de première nécessité montaient fort audessus de ceux de France. Colbert avait tort de ne point s’en rendre compte : « la maxime que l’évêque avance, qu’un prêtre ne peut pas subsister à moins de 600 livres, à quoi son grand vicaire qui est ici ajoute encore 200 livres, ne peut pas être soutenue ni même avancée, y ayant plus de quatre mille curés dans le royaume qui ne jouissent pas de 200 livres de revenu”. » La situation était fort différente, et 800 livres même n'auraient pas été beaucoup trop; quelques curés canadiens avaient, en 1679, organisé une pétition pour réclamer cette dernière somme; le procureur général du Conseil Souverain concluait en leur faveur, et le Conseil lui-même paraissait prêt à le suivre; Frontenac, en informant le ministre de ces faits, ajoute que cinq cents livres sont suffisantes : d’ailleurs l’intendant prétend que les habitants, déjà fort en peine de fournir cinq cents livres, seraient tout à fait incapables d'en ajouter trois cents de plus; il conclut que le roi devrait faire un fonds annuel de 4000 livres pour parer au déficit *.

Au cours de ces négociations, l’évêque avait voulu donner à Cour une marque de sa bonne volonté; par actes du 3 novembre 1678, il avait créé deux cures fixes, celles de Port-Royal et de

4, Duchesneau à Colbert, 13 nov. 1680. Ar. col., G. G. Can., V, 176.

2, Voir Ar. col., C. G. Can., III, 35.

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