‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 132 sur 395 · Margry · texte numérisé non relu

Margry

2 Le recensement de 16175 accuse 21 237 arpents en culture et 7832 habi- {ants (Clément, II2, 606). Le minot (de grains) vaut à peu près 40 litres; l'arpent 1/2 hectare.

à Cf. de Foville, France économique, chap. VIII. La consommation moyenne de 1882 était en France de 2 hectolitres 1/2 par habitant; les chiffres donnés par Frontenac prouvent que chaque Canadien disposait, en 1677, de 6 hectolitres environ,

& Meulles à la cour, 4 nov. 1683. Ar. col., C. G. Can., VI, 185, — La Hon- Un, |, 9. — Cf. Suite, V, 106.

Les registres du Conseil Souverain nous apprennent comment l'édit de Saint-Germain fut observé; l’évêque avait beau jeu à prier les curés de se contenter du strict nécessaire ‘ ; les dimes ne rendaient rien, et les cures ne pouvaient être fixées ; dès la fin de l’année 1680, le Conseil dut intervenir, et l'affaire paraissait d’importance, puisque Tilly, l’un des conseillers, allait expressément prier Frontenac d'assister à la séance?; les curés déclaraient ne trouver ni collecteurs, ni fermiers; ils ne pouvaient eux-mêmes solliciter sans cesse les habitants, sans engager des discussions peu compatibles avec leur caractère; ils s'adressaient donc au Conseil. Dans la séance du 23 décembre 1680, les magistrats ordonnèrent que, dans chaque paroisse, les habitants se réuniraient pour nommer quelques délégués; ceux-ci, après information sur les ressources des particuliers, centraliseraient les contributions et paieraient le curé, non sans avoir d’abord prilevé le remboursement de leurs frais; au cas où les habitants refuseraient de désigner leurs délégués, il serait procédé d'office à la nomination par le juge du lieu. On voit combien les Canadiens tenaient peu de compte de l'édit royal; l'arrêt nouveau du Conseil Souverain les décida-t-il à modifier leur système? Nous en doutons, car, dans les années suivantes, de nouvelles difficultés s’élevèrent entre habitants et curés. Tel est le cas de l'abbé Dupré, qui desservait depuis plusieurs années par voie de mission Batiscan et Champlain ?. Il avait essayé, depuis quelque temps, de lever des dimes dans sa future paroisse, qui avait certainement les moyens de payer : il ne réussit pas à les percevoir lui-même; il ne trouva pas davantage de fermier parmi les habitants; il saisit alors le Conseil, selon les termes de l'ordonnance de Saint- Germain, et cita devant cette assemblée, à défaut d'un syndic des habitants, quatre notables de la paroisse. Faute d'huissier, le sieur Bertrand, « qui sait lire et écrire », fut chargé de notifier les décisions prises : le 5 septembre, le Conseil condamna les habitants à payer la dime, en priant l'abbé Dupré de leur cor tinuer son ministère; une commission de quatre personnes, don deux désignées par les paroissiens et deux par le curé, reçut mission de percevoir la taxe et d’en rendre compte au Conseil. Ul

4. Voir la lettre citée de Duchesneau, nov. 1681. 2. Jug. du C. S., II, 450.

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