Jug. du C. S., II
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d'observation qui leur manquaient. L’édit de 1679 fut donc, pour la plupart d’entre eux, une surprise désagréable : le curé ne recevant plus de subsides de l’évêque, il faudrait acquitter les dimes, autrement dit payer un service que l’on avait eu gratuit ou à peu près jusque-là. Bien peu de seigneurs, dans la condition faite aux patrons des églises, auraient considéré les honneurs comme supérieurs aux charges; et nous retrouvons ici encore l'erreur persistante de Colbert que ces Français, fixés à mille lieues de la mère-patrie, peuvent être gouvernés et se laisseront administrer comme ces contribuables de la métropole, dont la docilité séculaire fait encore aujourd’hui l’étonnement des citoyens du Nouveau-Monde : pour les habitants de la Nouvelle-France, l'édit de 14679 se résumait en une déclaration d'impôt nouveau. Étaient-ils vraiment, comme l'affirme Duchesnau, trop pauvres pour le payer? Rien n’est moins vraisemblable. Le mémoire de Frontenac pour 1677 ! contient, à cet égard, des chiffres intéressants; en comptant seulement 12000 arpents régulièrement cullivés, ce qui est un minimum ?, on arrive à une récolte moyenne d'au moins 120 à 130 000 minots de froment, sans compter le blé d'Inde, les pois, les fèves. C'est plus qu'il n’en faut pour les besoins de 8000 habitants ?, et les cultivateurs du bas Saint-Laurent trouvaient certainement des acheteurs soit parmi les négociants de Montréal, soit même parmi les indigènes; La Hontan constate l’aisance générale des paysans des côtes. L'intendant Meulles, successeur de Duchesneau, dit aussi qu'il n’est « pas d'habitant si pauvre qui ne recueille assez de blé pour nourrir sa famille, et n’ait quelques vaches, volailles et quantité de légumes » #. Si donc les colons n’acquittaient pas les dimes, c’est qu'ils ne le
[voulaient pas; sans doute pensaient-ils n’être point venus dans la
Nouvelle-France pour retrouver les impôts et les tracasseries administratives du vieux pays.