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avec les choses canadiennes, a confondu deux personnages en un seul. La discussion n'aurait point d'importance, si le résultat n'en était de placer dans l'entourage immédiat de Lu Salle le criminel qui voulut l’'empoisonner.
De cette seconde partie de la carrière du découvreur, deux faits principaux sont à retenir : l'un qu'il fait des mécontents parmi les collaborateurs qu'il s’est choisis lui-même, l'autre que des adversaires politiques s'occupent déjà d’entraver son succès ; les demandes de concessions de Lebert et Jolliet expriment l’hostilité des Jésuites; la tentative de Jolycœur laisse deviner comment, par ses défauts de caractère, La Salle rendra plus difficile encore l'œuvre contre laquelle les intérêts rivaux se sont si vivement acharnés ; mais ceci tiendrait à l’histoire personnelle de La Salle, plutôt qu’à celle du Canada.
De très sérieux résultats avaient donc été obtenus, en 1676 et 1677; par les vaisseaux de cette dernière année, La Salle passa en France pour solliciter des concessions nouvelles; il est alors soutenu sans réserve par Frontenac, dont il paraît avoir reçu toutes les confidences : le gouverneur général, dans les plaintes qu'il adresse à Colbert contre les ecclésiastiques, observe qu’il n'en «a nommé pas un, excepté ME l’évêque, mais il sait les noms des autres », et, si le ministre l’ordonne, La Salle les lui dira !. Le mémoire présenté par La Salle à Colbert, au printemps de 1678 ?, établit d'abord, par des détails extrêmement précis, quelle est la situation au fort Frontenac : 1000 à 1200 arpents de terre sont défrichés, et l’on observe que le froment y vient dans les mêmes conditions qu'en France, tandis qu'au Canada la neige empèche de semer avant le printemps; on espère y planter de la vigne, des fruits et des légumes de toutes sortes. Quatre barques pontées de 25 à 40 tonneaux flottent sur le lac. Douze familles françaises et cent de sauvages sont fixées aux environs; deux Pères Récollets, en résidence au fort, célèbrent les offices, et tiennent une école où les enfants sont tous élevés de même, ce qui laisse espérer que «bientôt les deux villages ne formeront plus qu'une mème bourgade de bons chrétiens et de bons Français »; on ne souffre point l'ivrognerie ni le désordre, pas plus chez les sau-