Id., id
vages que chez les Français. La Salle insiste sur ce que « les Iro, quois ne sont pas aussi barbares qu'on les faisait, qu'on peut non seulement bien vivre avec eux, mais encore les attirer par divers moyens qu'il a pratiqués avec succès ». Un établissement comme celui-là réalisait exactement ce que Frontenac avait souhaité : Français et sauvages s'y rapprochaient, apprenaient à se mieux connaître les uns les autres; l'influence des premiers rayonnait pacifiquement autour de ce foyer commun, et rien n'indique que les intérêts de la religion fussent moins bien servis au fort du lac Ontario par les Récollets qu'au Saut-Sainte-Marie par les Jésuites.
Cette expérience n'avait pas été inutile à La Salle, et ses plans vont désormais se dévelo pper avec plus de méthode qu'autrefois; il a, pendant ses deux années de séjour au fort Frontenac, bien étudié les pays environnants, et c'est maintenant en créant des stations analogues en des points habilement choisis, qu’il se propose de jalonner la voie de la grande découverte qui est toujours l’objet dernier de ses espérances; il ne demande à Colbert qu'une bien modeste autorisation : celle d'élever à ses frais, sans aucun secours du roi, deux postes, « l'un à l’entrée du lac Érié, l’autre à la sortie de celui des Illinois », avec la seigneurie des terres qu'il découvrira et fera peupler. Le poste du lac Érié ne peut être que Niagara, dont les chutes sont le seul obstacle à la navigation du fort Frontenac au pays des Illinois, ainsi que l'avait déjà noté Jolliet. Pour l’autre fort, l'expression même dont se sert La Salle pourrait d’abord sembler ambiguë : la sortie du lac des Illinois, c’est proprement le détroit de Michillimackinac, et ce n’est assurémént pas là que le découvreur entend s'établir, puisqu'il a spécifié que, « pour ne pas préjudicier aux anciennes habitations françaises », il s’abstiendra de tout commerce dans la région des Outaouais des lacs Nipissing, Huron et Supérieur et de la baie des Puants. La sortie du lac est évidemment, pour lui, l'endroit où s’arrête la navigation quand on se rend aux Illinois, c’est-à-dire la rive méridionale, alors habitée par les Miamis el dont la position de Chicago marque actuellement l'importance.
Les lettres pate ntes du 12 mai 1678 ! accordèrent à La Salle tout ce qu'il demandait, et le texte en est fort élogieux pour