Charlevoix, I
4, Ord. de Duchesneau, 31 oct. 1680. Margry, IT, 110.
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qui représentait les autres bailleurs de fonds que, lorsque Plet aurait recouvré tous ses débours et prélevé 15 0/0 de profit, le surplus, s’il y avait lieu, serait partagé « au sol la livre » entre les autres créanciers. En fait, Plet est substitué à La Salle dans le droit de cammercer au fort Frontenac : c’est un service personnel que ce marchand rend à son cousin, car il empèche ses ennemis de s'établir dans cette concession, en s’y installant luimème. La Salle le reconnut, puisque l'année suivante, sur le point de quitter Montréal pour remonter aux Illinois, il instituait Plet héritier universel de tout ce qu'il possédait en Amérique ‘. Mais les conséquences de l’ordonnance de l’intendant étaient d’ailleurs très graves : elle coupait, en quelque sorte, les relations entre La Salle et ses anciens associés de France ou du bas Canada ; l’entreprise commerciale ne va désormais pas plus loin que le fort Frontenac; le découvreur n’est plus l'agent volontaire d'un syndicat de négociants, généreux à proportion qu'ils espéraient être enrichis; simple chef d’une expédition aventureuse, privée de sa base d'opérations, il lui faudra vivre sur les pays découverts, y trouver des ressources pour fixer autour de lui ses compagnons; il ne recevra plus de marchandises de France, et les Canadiens partis à sa suite seront considérés comme des coureurs de bois. Au cours de l’année 1680 ?, l’un des déserteurs de La Salle, Sauvin dit La Rose avait été traduit devant la prévôté de Québec; ce tribunal, admettant les griefs de cet homme qui se disait victime des brutalités de La Salle l’avait acquitté du chef de désertion, en obligeant les marchands correspondants du découvreur à lui acquitter 600 livres de gages arriérés; mais il n'avait pas ordonné que ce paiement fût fait sur les marchandises de La Salle alors aux mains de ces négociants à Québec; c'était une sentence de conciliation qui, tout en condamnant les procédés violents de La Salle, voulait garder intacts ses approvisionnements, comme pour lui faciliter la poursuite de ses desseins ; cette intention des premiers juges est confirmée par le fait que les négociants désignés, représentés par Guillaume Chanjon, en appelèrent au Consell pour obtenir expressément imputation des gages dus à La Rose sur les marchandises entreposées dans leurs magasins. Le