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fluviale vers le golfe du Mexique était une œuvre digne de tous les encouragements; mais il ne fallait point, pour y pourvoir suspendre la vie normale de ce corps déjà constitué qui était la Nouvelle-France. Les devoirs de Frontenac étaient ici d'ordre plus général que ceux de La Salle; et voilà pourquoi celui-«i n’est plus le seul protégé du gouverneur en 1681 comme trois ans auparavant. Cependant Frontenac s'intéresse encore à la découverte : dans sa lettre de 1681, il en annonce au ministre lache. vement « pour le printemps prochain »;en septembre 1682, le commandant du fort Frontenac, La Forest est chargé de lui envoyer, dès qu'il en aura, des nouvelles de l'expédition. Il parai. trait même que La Taupine, arrêté comme coureur de bois par Duchesneau, avait des ordres secrets de Frontenac pour aller reprendre les pelleteries volées à La Salle par ses dome tiques !.
Dans une lettre de 1682 ?, La Salle reproche à du Lhut d'avoir élevé des prétentions sur le pays des Illinois comme dépendant de celui des Nadouesioux qu'il a découvert; l'explorateur du Mississipi soutient, au contraire, que le P. Hennepin et son compagnon Michel Accault ont parcouru ces régions avant du Lhul: ceci n’est guère vraisemblable, puisque Hennepin, lorsqu'il rencontre les Sioux après avoir laissé La Salle aux Illinois, parait tout à fait surpris à la vue de ces indigènes qu’il ne connaît pas; c'esl du Lhut qui, par ses discours aux sauvages, les calme et réussit à ramener le Père sain et sauf dans les établissements français des Lacs. Or, Frontenac était en relations avec du Lhut, que l'intendant dénonçait comme un de ses agents d'affaires * : c’est que du Lhut faisait aux Sioux une œuvre analogue à celle de La Salle aux Illinois, et le gouverneur devait, entre eux, maintenir l'équilibre; il n'eût pas été juste que les concessions de La Salle fussent étendues, par une interprétation abusive, jusqu'aux pays qu'avait reconnus du Lhut. Et pourtant, si l’on n'eût consulté que la géographie, le droit eût été certainement pour La Salle car le découvreur, en atteignant le Mississipi, s’emparait des débouchés naturels de la région des Sioux ; à la limite des forêts et de la prairie, le réseau fluvial que l’on rencontre, à l’ouest du