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pt. 1682,
sonnable qu’un Français se rendit même alors chez les Iroquois pour demander justice; il est donc évident que les Iroquois avaient apprécié le caractère des Français et les profits de leur voisinage !. La Salle assure pourtant que plusieurs restent à l'écart, et plusieurs fois accuse les Jésuites d’avoir voulu les détourner du fort Frontenac, pour compromettre son entreprise. Il est vrai que le découvreur s'entoura toujours de Récollets, qu’il avait confié le service du fort à deux missionnaires de cet ordre, et qu’il n’avait jamais voulu de Jésuites ?. Une certaine jalousie des Pères contre lui n’est donc point pour nous étonner. On peut croire cependant que le bon marché relatif des denrées achetées aux Anglais contribuait plus que les exhortations des Jésuites à tenir certains Jroquois éloignés du fort. L'intérêt des missions iroquoises était, ici, le même que celui du commerce de la Nouvelle-France, c'està-dire le maintien de la paix. Nous avons montré déjà comment, lors de la construction du fort Frontenac, les Jésuites avaient aidé le gouverneur général en se faisant ses agents volontaires chez les Iroquois. Le P. de Lamberville resta jusqu’à la fin le correspondant de Frontenac, et, dans la lettre qu’il adresse au gouverneur, peu de jours avant que celui-ci s’'embarque pour la France, il proteste contre les accusations dont parfois ses confrères ont été l'objet : « Nous n'avons jamais pensé, dit-il, qu'à seconder toutes ces bonnes intentions que vous avez eues et avez encore pour le Canada *. » C’est, en effet, très probable en ce qui concerne les Pères des missions iroquoises; plus tard seulement lorsque, après Frontenac, la Nouvelle-France paraïtra plus faible, Lambe.ville aura la précaution de se montrer moins engagé à son service *; pour le moment c’est ailleurs, à Michillimackinac et chez les Illinois, que l'hostilité des Jésuites entrave l'action de La Salle: le document janséniste de Margry, après avoir prétendu que les Jésuites inquiétaient les Iroquois sur les accroissements du fort Frontenac, et que, pour prévenir l'effet de ces manœuvres, le gouverneur était venu en personne calmer les indigènes *, reconnait lui-même que les Pères « n'avaient pas
1. La Forest à Frontenac, 16 sept. 1682. Ar. col., C. G. Can., VI, 317.
9, Voir Le Tac, 191. — Lettre de La Salle, dans Margry, Il, 236.
à. Lamberville, lettre citée du 20 sept. 1682.