‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 244 sur 395 · LA BARRE ET LES IROQUOIS. — GUERRE MALHEUREUSE · texte numérisé non relu

LA BARRE ET LES IROQUOIS. — GUERRE MALHEUREUSE

Découvertes de Nicolas Perrot et de du Lhut; l'effet utile en est diminré par la politique iroquoise de La Barre. — Assemblée d'octobre 1682. La guerre n'est point encore menaçante, comme La Barre l'écrit à la Cour. — Les lroquois pillent des canots appartenant aux amis de La Barre et vont attaquer les Illinois (hiver de 1683-84). La Barre décidé à la guerre. Maladresse des préparatifs du gouverneur; il avertit de ses projets Dongan, gouverneur de New-York. — Départ de l'expédition (fin de juillet 1684). Lenteur de sa marche, sous prétexte d'attendre les renforts du haut pays. — Rôle du P. de Lamberville chez les Onnontagués; ceux-ci se portent médiateurs entre les Français et les Tsonnontouans. Paix peu glorieuse; les auxiliaires du haut pays, péniblement amenés jusqu’à Niagara, en reçoivent la nouvelle avec indignation. — L'expédition est sévèrement jugée au Canada, puis à la Cour. Rappel de La Barre (1685).

En même temps qu’il dépossédait La Salle, sur l'Ontario et aux Iinois, La Barre faisait poursuivre au nord et à l’ouest des Lacs les découvertes de du Lhut et de Nicolas Perrot. La présence à Montréal d'un gouverneur particulier qui lui était hostile, François Perrot !, pouvait le gêner car c'était à Montréal que s’organisaient les expéditions pour le haut pays; mais, précisément en 1684, Perrot fut déplacé; la Cour le transférait au commandement de l'Acadie, et nommait pour lui succéder à Montréal un excellent officier, Callières, ancien capitaine au régiment de Navarre. Le gouverneur général, en se félicitant de l’arrivée de Callières, écrit

1. Il importe de ne pas confondre ce personnage avec Nicolas Perrot, comme le fait par inadvertance l’index du nouveau livre de Winsor, Geograbhical Discovery. of North America, London, 1894.

au ministre que Perrot n’est guère pressé de se rendre en Acadie: il le fera partir cependant, sauf à lui donner très peu d'ordres, à moins que la guerre ne s'engage avec l'Angleterre. Les termes de cette lettre montrent assez que l'entente était médiocre entre La Barre et Perrot; si des discussions avec les Sulpiciens, seigneurs de Montréal, furent la cause principale du déplacement de ce dernier, La Barre ne fut pas aussi sans y contribuer par ses rap. ports à la Cour ‘. Quoi qu'il en soit, le départ de Perrot affranchissait Montréal d’une tutelle hostile à la coterie de La Barre, Nicolas Perrot, après un séjour de quelques mois aux bords du Michigan, était parti vers l'ouest; après avoir descendu quelque temps une rivière qui doit être le Wisconsin, il atteignit le Mississipi supérieur, et construisit un fort, « dans un pays où il y a beaucoup de bestiaux ». La carte de Franquelin (1688) indique près du confluent du Wisconsin et du Mississipi le poste de Saint-Nicolas ?, qui est probablement le fort dont il est ici question; mais on ne comprend guère ce que sont ces montagnes voisines, dont parle La Potherie dans son récit de l'expédition de Perrot *, à moins qu’on n’entende par là les hautes falaises qui bordent souvent le Mississipi supérieur, le grand fleuve ayant profondément rongé, par endroits, le plateau sur lequel il coule, Perrot savait très bien manier les sauvages; dans le pays où il s'était établi, les Nadouesioux, belliqueux et pillards, inspiraient aux autres indigènes presque autant de terreur que les Iroquois: l’aventurier français, par des présents habilement distribués, parvint à maintenir la paix pendant l'hiver de 1683-1684, c'est-à-dire au moment où, les Iroquois étant entrés en guerre contre les Illinois, une explosion générale était le plus à craindre. Il fumait le calumet avec les chefs, prenait part sans faiblir à ‘estins « où on le régalait d'un grand ours, bouilli tout .uer », et ne négligeait, parmi toutes ces occupations diplomatiques, ni la chasse des grosses bêtes sauvages, ni les visites aux Nadouesioux, « qui furent ravis de voir ses Français ». L'œuvre de Perrot, toute pacifique, était donc considérable, puisqu'elle avait solidement établi le protectorat de la Nouvelle-France sur la région lacustre du haut Mississipi; de là pour se rendre au

À. Ar. col., C. G. Can., VI, 208, 345. — Charlevoix, I, 494. 2, Carte reproduite dans Winsor, Hist, Am., IV, 344. 3. III, 181 ss,

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