Ar. col., C. G.Can., VII
2, Perrot, p. 138.
nombreux partisans pour la guerre iroquoise ; à leur tête, il descendit au printemps de 4687 à Michillimackinsc, d'où La Durantaye venait de partir !.
Les Hurons de Michillimackinac avaient particulièrement résisté aux exhortatiors des chefs français, et tout l'hiver de 1686-1687 avait été empleyé en pourparlers avec eux; la dernière expédition des Français centre les Iroquois leur avait laissé l'impression que ceu:.-ci étaient ies plus forts, deuc qu'il était prudent de se ranger de leur côté; comme ils savaient que derrière les Iroquois se trouvaient les. Anglais, leurs conseillers et leurs fournisseurs, ils avaient envoyé quelques-uns d’entre eux à New-York, pour engager les Anglais à s'établir dans leur pays; ils espéraient, eux aussi, bénéficier au passage des échanges qui s'établiraient par leur intermédiaire entre la côte anglaise et la haute région des Lacs; de là leur empressement à se rapprocher des Anglo- Iroquois. La Durantaye et le P. Enjalran traversèrent heureusement ces négociations; à leur prière, les Hurons députèrent à Québec deux envoyés pour assurer Onontio de leur fidélité; Denonville eut soin de bien les recevoir, et les Hurons résolurent enfin de partir, comme La Durantaye le leur demandait. Par contre, les Outaouais ne se décidèrent pas, et le commandant français, qui ne voulait point manquer le rendez-vous donné par le gouverneur, partit sans les attendre ?. Il n’était encore qu’à quelques étapes de Michillimackinac, quand il rencontra trente Anglais qui montaient en reconnaissance, conduits par des Hurons ennemis; la troupe française, forte d'au moins deux cents fusils, n’eut pas de peine à disperser la bande anglaise, dont les marchandises et particulièrement l’eau-de-vie furent confisquées. La Durantaye, poursuivant sa marche sur Détroit, crut bien faire en envoyant ses prises aux Outaouais, restés neutres derrière lui.
Perrot arrivait précisément à Michillimackinac, lorsque l’eaude-vie anglaise fut ainsi distribuée aux Outaouais; loin de reconnaître la libéralité de la Durantaye en lui envoyant des renforts, ces sauvages voulurent débaucher les auxiliaires de Perrot en
1. Perrot, chap. XXII — Cf, La Potherie, II, 16. Le pillage d’un fort du pays des Nadouesioux, dont parle “e chapitre, eut lieu pendant la guerre iroquoise, en 1687.
2. Perrot, loc. cit. — Denonville à la Cour, 8 juin 1687, Ar. col , M. S..M, Mém., 224. .
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leur offrant à boire pour les dissuader de faire la guerre. Perrot répandit dans le camp le bruit que l'Anglais, père de l’Iroquois, avait empoisonné ses liqueurs; il en fit briser plusieurs barils, imposant aux Français le sacrifice de se priver eux-mêmes, et les sauvages, convaincus par cet artifice, continuèrent leur route sur Détroit. Quelques jours plus tard les Outaouais, honteux d'une abstention qui les isolait et les exposait peut-être à des représailles, envoyèrent à leur tour une troupe de guerriers par le même chemin. A peu de distance de Détroit, Perrot rencontra Tonty et La Fores' qui amenaient des Illinois !.
Pendant l’année 1686, Tonty, prévenu que La Salle devait remonter le Mississipi pour le rejoindre au fort Saint-Louis, avait fait un long voyage à la recherche de celui qu'il regardait toujours comme son chef; parti du fort en canot, le 13 février, il était descendu jusqu’à l'embouchure, sans releve: aucun indice qui le mit sur la trace du découvreur; le 9 avril, quatre ans jour pour jour après La Salle, il était au bord de la mer, apprenait de deux sauvages qu'on aurait vu quelque temps auparavant des Français qui avaient fait voile au sud, puis remontait, fort attristé de l’inutilité de son expédition, mais n'ayant pas oublié de replanter les armes du roi, emportées par les eaux?. De retour au fort Saint-Louis, Tonty vint rendre compte de son voyage à Denonville, puis, sur les ordres du gouverneur, rentra aux Illinois et réunit ses gens pour coopérer au mouvement contre les lroquois. Le gouverneur, sachant combien le prestige des Français était atteint parmi les nations lointaines, craignait que Tonty n'amenàt très peu d'hommes et ne se trompait guère. Est-ce en raison de cette faiblesse numérique, ou bien d'ordres qui ne nous sont point parvenus que Tonty, au lieu de longer la rive sud du lac Érié pour prendre les Tsonnontouans à revers, gagna Détroit pour y rallier le corps principal de l’armée *? Peut-être encore avait-il été prévenu qu’un parti d'Anglais cherchait à pénétrer dans l’ouest, du côté de ses établissements. Cette bande ne fut pas plus heureuse que celle qui visait Michillimackinac; Tonty
1. Perrot, loc. cit. — La Potherie, loc. cit. 2. Rapport de Tonty. Arch. Aff. Etr., Fonds Amérique, V, 442. «': doc. est le
MES que celui du fonds Renaudot de la Bib. Nat. transcrit par Margry, , 09,