‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 284 sur 395 · Ar. col., GC. G, Can., X, 261 ss · texte numérisé non relu

Ar. col., GC. G, Can., X, 261 ss

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a bien quelques fortifications en pierres, mais, pour les défendre, elle dispose seulement de 400 hommes, y compris deux compagnies de cavalerie. Un mouvement combiné, d’une armée canadienne s’avançant par le lac Champlain et d’une flotte attaquant par mer, aura bien vite raison de ces postes à peine gardés. Si, par un scrupule excessif, on attend que les hostilités aient éclaté en Europe, que l'on mette du moins la Nouvelle-France en état d'agir aussitôt qu’elles seront ouvertes; au besoin, le Canada se contentera du secours d’une flotte royale, sans renforts de troupes de terre *.

Callières avait toute la confiance de Denonville; le gouverneur, presque dans chaque lettre qu'il écrit à la Cour, fait l'éloge de son lieutenant : « Il ne suit ce que c’est que son intérêt, et s’attache toujours à bien servir et à faire servir les autres; il entre dans tous les détails, quelques-uns peuvent n’en être pas satisfaits mais le roi en est mieux servi ?. » C’est dire que les propositions de Callières à la Cour étaient appuyées par le gouverneur général, et, quoique cette ambassade privât le Canada d’un excellent officier, on ne pouvait regretter que la situation eût été exposée en France par l’homme le plus capable de la comprendre et d'y intéresser le roi. Par malheur, quelle que fût l'autorité de Callières, Louis XIV hésita pendant tout l'hiver de 1688-1689. En principe, il trouvait excellents les plans qu'on lui soumettait; en fait, il entendait garder la libre disposition de toutes ses forces en vue d'un conflit européen, car il était sûr de la guerre à bref délai. Il expliquait ses atermoiements par le désir de ne point attaquer avant une déclaration officielle des hostilités. « Si on était certain d'une rupture avec les Anglais, disait-il, on pourrait alors examiner le projet du sieur de Callières, pour voir si on ne le pourrait exécuter avec les seules forces qui sont en Canada ?, » Mais ce n’est là qu’une fin de non-recevoir : la pensée du roi est claire; il ne fera rien, ou presque, pour le Canada, tandis qu'à ce moment même, il prépare des vaisseaux pour l’impolitique guerre d'Irlande : une escadre de cinq ou six bons bâtiments, partie à temps pour enlever New-York, comme le demandait (allières, eût autrement assuré les intérêts d'avenir de la France;

1. Voir lettre de Denonville, Ar. col., C. G. Can., X, 200. 2, Lettre du 8 juin 1687. /d., IX, 26.

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