Id., id., p
3. Les principaux documents sur cette expédition sont rassemblés aux Ar. col., G. G. Can., X, 260-288, et XI, 182 ss. — La correspondance de 1689 est résumée dans les Mém. et Doc., I, 455 ss.
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les frais du corps d'occupation du Canada : la guerre et les maladies avaient réduit beaucoup les garnisons canadiennes : les 35 compagnies qui devaient former un effectif de plus de 1800 hommes, n'en avaient plus, aux termes des instructions de Frontenac, que 1M8; encore les escarmouches de l'été de 1689, dont ce texte ne peut tenir compte, avaient-elles certainement abaissé ce nombre. Or, tandis que Callières se fût contenté pour enlever New-York des 400 hommes qui auraient comblé les vides et rétabli le contingent normal, la Cour ordonnait de réformer les 35 compagnies anciennes pour en constituer 28 nouvelles de 50 hommes chacune ; plusieurs officiers, qui se trouveraient en surnombre, seraient retraités !; le Canada n’avait donc plus rien à attendre de France, On peut même douter, par l'énumération des armes et des munitions que le ministre fait passer en Amérique avec Frontenac, qu'il ait eu vraiment l'intention d'essayer une expédition sérieuse contre New-York : ne parle-t-on pas de six canons, dont les quatre plus grands sont de dix-huit, de trois cents fusils, de cent haches « propres à couper des palissades ? »! A peine ces ridicules provisions auraient-elles suffi pour l'armement d'un seul fort. Malgré cet abandon total par la métropole, Frontenac ne perdit pas courage, et, dès les premiers jours de son arrivée, il se mit vaillamment à l’œuvre, oublieux des ménagements que réclamait son âge et des fatigues d'une navigation qui avait duré plus de deux mois. Son entrée à Québec avait été saluée par d'unanimes acclamations ; quoiqu'il eût abordé tard dans la soirée, ‘la population entière s'était portée au-devant de lui; les maisons étaient illuminées, les soldats déchargeaient leurs armes par salves, un Te Deum fut chanté à la cathédrale, et des feux d’artifice tirés sur plusieurs places; chacun tenait à fêter le retour de celui qu'on appelait déjà le rédempteur de la patrie, et les Jésuites ne furent point les derniers à lui faire une « harangue fort pathétique * ». Mais c'était à Montréal et non à Québec que Frontenac pouvait organiser avec succès la résistance de la colonie; il ne fit donc à Québec qu'un séjour d'une semaine, et, malgré des pluies abondantes qui avaient grossi les rapides, il arriva sans accident à Montréal vers la fin d'octobre 1689.
1. Ar. col. Ordres du roi, Canada, 1688-90, p. 71. 2. Id., id., p.72 ss.