Lettre du 4 juin 1689. Arch. Mar., B?, vol. 69, p
2, Id., id., p. 445, 459, 525, 5903 vol. 70, p. 39.
3. Ar. col., C. G. Can., X, 217 ss. — Bon résumé dans Charlevoix, 1, 542 ss.
4. Cependant, le départ n’ayant pas encore eu lieu le 31 juillet (voir ci-dessus), la traversée ne put durer 52 jours, comme le dit la lettre de Frontenac, mais tout au plus 42; il y a là sans doute une erreur de copie.
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{ juillet (voir lettre de Frone copie.
de vue, et le Fourgon rallia Chedabouctou cinq jours seulement après l'£mbuscade. Dans ce port, on prit une caiche anglaise, bateau de contrebande envoyé par un armateur de Boston, Nelson. Frontenac la fit diriger sur Québec, et sollicita du roi la permission de la garder pour le service du Canada.
Mieux que jamais on comprit alors l'inconvénient de n'avoir point de communication par terre entre Québec et les ports d'Acadie : faute de cette route, qu'il eût franchie en huit jours, Frontenac dut prendre passage sur un navire marchand, le Saint- François-Xavier, et remonter le Saint-Laurent ; parti le 19 septembre de Chedabouctou, le 25 il passait à l’île Percée, où les Récollets missionnaires lui annoncaient le désastre de la Chine et de récentes pirateries qui avaient désolé les côtes du bas fleuve. Le 12 octobre au soir, il arrivait à Québec, et le 14, les vaisseaux porteurs de munitions, qu’il avait devancés à toutes voiles. Le 20, après avoir formé en hâte une escorte d'habitants, il repartait pour Montréal, où se trouvaient encore Denonville et Champigny. Une semaine après, il atteignait le but de son voyage. « Il est difficile, dit-il au ministre, de se représenter la consternation générale que je trouvai parmi les habitants et l’abattement qui était dans les troupes » : les uns n'étaient pas encore revenus de leurs frayeurs; les autres, harassés par des alertes continuelles, avaient dû, cependant, par ordre des administrateurs, transporter en ville tout le blé d'Inde des sauvages de la mission du Saut et leur construireun fort; la discipline était énervée, chacun s’inquiétant surtout pour lui-même et coopérant sans entrain aux mesures de défense commune; les canots étaient pour la plupart hors d'usage, fatigués d'allées et venues continuelles, dont le but était de concentrer toutes les récoltes à l'abri des palissades de la ville.
Comment organiser, dans ces conditions, l'expédition contre New-York? Où trouver les 1600 hommes et les canots nécessaires? Et, même si l’on avait eu des ressources suffisantes, la saison permettait-elle de s'engager? Denonville, Champigny, Frontenac, tombèrent vite d'accord; on ne pouvait compter que la gelée qui déjà s'annonçait, serait tout de suite assez forte pour qu’on marchât sur la glace des rivières; mais il était moins probable encore que la navigation restât libre longtemps ; donc, de toute manière on ne pouvait arriver en temps utile pour combiner avec les vaisseaux de La Caffinière l'attaque de New-York : le projet de la Cour
aboutissait à un échec. — Les instructions de Frontenac portaient que, si, « contre toute apparence et pour des raisons que Sa Majesté ne peut prévoir », la jonction des troupes de terre et de mer devant New-York était impossible, La Caffinière devait longer les côtes d’Acadie et de la Nouvelle-Angleterre, y demeurer jusqu'à épuisement de ses vivres de réserve, faire le plus de prises qu'il pourrait et revenir en France pour l'hiver. Frontenac, en le quittant, lui avait recommandé de s'entendre avec Menneval, gouverneur de l’Acadie, et d'aller ensuite, conformément aux ordres de la Cour, croiser dans les eaux anglaises : si, le 10 décembre, aucune nouvelle ne lui étaitarrivée du Canada, c’est que la campagne par terre n'avait pas été commencée, et qu'il pouvait se retirer. La Caffinière, n'ayant rien recu de Frontenac, fit voile pour la France, après avoir enlevé six caiches et un brigantin qu'il ramena; s'il attendit, pour retourner vers l’est, la date du 10 décembre, son voyage de retour fut très rapide, puisque le 27 de ce mois, il envoyait au ministre, de la Rochelle, son journal de bord. C'était un brave officier, dont Frontenac se loue beaucoup, ainsi que de Grosbois qui commandait le Fourgon. Le ministre, tout en exprimant le regret de l’insuccès subi, fit savoir à La Caffinière qu'il ne l’en tenait point responsable, et dès le 17 avril 1690, le pourvut d’un nouveau commandement ?.
L'entreprise contre New-York est dès lors abandonnée *; Denonville, établi à la Cour dans sa nouvelle charge, exposait au roi par plusieurs mémoires la nécessité de cette conquête: mais la situation, en Europe, se troublait de plus en plus; toute la flotte était immobilisée dans la Manche pour la guerre d'Irlande; le Canada se trouva donc livré à lui-même, au lendemain d'épreuves sanglantes qui avaient doublé l’insolence des Iroquois et de leurs alliés anglais. C’est dans ces circonstances redoutables et presque désespérées que Frontenac reprend possession de son ancien gouvernement; il n'avait amené avec lui aucune troupe de renfort; tout au contraire, il était porteur d’un ordre qui indiquait l'intention du ministre de diminuer, s’il était possible,