‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 314 sur 395 · Ar. col,, C. G. Can., XI · texte numérisé non relu

Ar. col,, C. G. Can., XI

4. Instr. de Villebon, — Mém,. de Champigny 1691-1692. Ar. col., CG. G. Can., XI, 257, 306; XIT, 93. — Mém. et Doc., Il, 73, 141.

5, Voir Charlevoix, Il, 109.

partir pour la France, il entretint Frontenac de l'importance de Terre-Neuve ; le gouverneur général en avait été déjà frappé, comme le prouve sa lettre du 10 mai 1691, où il en parlait à la Cour. Dans la grande ile, de même qu’en Acadie, nous n'avions que des postes à peine fixes, dont le principal était appelé, non sans quelque présomption, le fort de Plaisance; c'était simplement un bourg, centre d'opérations pour les marins basques et bretons qui pêchaient la morue dans le golfe du Saint-Laurent, Le roi y avait placé quelques hommes de troupes, dont le commandant, récemment nommé, s'appelait alors Brouillan!. Soit négligence des gouverneurs, soit plutôt que la flottille du Saint- Laurent ne fût pas capable d’une navigation maritime, Terre-Neuve était jusqu'alors restée comme étrangère au Canada; nous ne voyons pas que les escadres destinées à Québec aient jamais fait escale à Plaisance, et les deux colonies vivaient ainsi côte à côte sans se connaitre. Une des plus grandes nouveautés du gouvernement de Frontenac fut précisément de faire ressortir cette anomalie ; ce n’était point facile, car, par une de ces sottises administratives dont le xvu° siècle n’a pas gardé le secret, Terre-Neuve relevait du port de Brest, tandis qu’on armait à Rochefort pour le Canada ?. Bien conseillé par d’Iberville, l'un des plus intelligents et des plus hardis des Canadiens de cette époque, Frontenac attira l'attention du ministre sur l'utilité générale, pour toutes nos possessions d'Amérique, d’une action énergique à Terre-Neuve : avec quatre-vingts soldats ou miliciens bien choisis, d'Iberville se faisait fort de surprendre tous les postes anglais de l’ile #.

On ne pouvait point, malheureusement, compter beaucoup sur le gouverneur de Plaisance : les habitants accusaient Brouillan de ne songer qu’au commerce et d’accaparer pour ses affaires personnelles les fonds et provisions que le ministre destinait aux fortifications ou aux troupes . 11 semble aussi que du Tast ait fait assez mauvaise impression sur Frontenac, ayant contesté le droit du gouverneur général de diriger une entreprise sur Terre- Neuve. Bref, pour l’année 1691, on se contenta de ravitailler

4. Ses instructions sont datées du 17 février 1691. Ar. col., O. d. R., vol. 1691-1693, p. 1.

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