Mém. de 1692. Id., id
5. Voir lettres citées de Frontenac et de Champigny, oct. 1691.
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l'ile, par des vivres et munitions que du Tast y fit débarquer avant de rentrer en France. D'Iberville était parti en même temps, chargé d'exposer au ministre la situation de la Nouvelle-France, et spécialement l'avantage d'une campage contre tous les postes anglais détachés au loin. En somme, le Canada n’a point perdu le bénéfice de ses victoires de l’année précédente; grâce aux secours venus de France, il est heureusement sorti de la période de disette si péniblement traversée; des succès nouveaux ont achevé de briser l'entente des Iroquois et des Anglais, les nations d'en haut sont rassurées et fidèles, Le gouverneur général va poursuivre son œuvre de reconstruction, en inquiétant les Anglais, tenant les Iroquois en haleine, et développant vers l’ouest nos relations avec les tribus indigènes.
Phips, revenu d'Angleterre, n'avait pas ramené de renforts importants; pendant quelques années encore, la métropole n’enverra presque point de secours à ses colonies d'Amérique, mais, entre elles et le Canada français, réduit à ses seules forces, les hostilités n’en continueront pas moins. Tandis que Frontenac, que Champigny lui-même, sollicitent vainement du roi quelques compagnies pour enlever Boston et New-York !, on ne cesse dans ces villes de préparer une attaque générale des établissements francais. Nelson, prisonnier à Québec, avait été traité par Frontenac avec une bienveillance imprudente ; non seulement il n’était point enfermé, mais il vivait librement au milieu de la meilleure société canadienne, recevant à sa table le gouverneur, l’évêque et l'intendant. Il semblait moins un officier ennemi pris en temps de guerre, que le chef respecté d'une maison de commerce qui aurait eu de grands intérêts à Québec ?. Il profita de sa situation pour faire passer à Boston des renseignements détaillés sur les fortifications françaises; des soldats, corrompus par ses soins, allèrent porter ces documents à Phips; Nelson avait oublié, pour servir les intérêts supérieurs de ses compatriotes, ses différends personnels avec leur amiral.
Trop tard, cette démarche fut découverte et Nelson emprisonné; les vaisseaux de 1692 l'emmenèrent en France, avec un marchand canadien nommé Lino que l'on accusait d’avoir été son complice.