C. G. Can., XIII
ces présents — quoique le ministre les trouvât sans doute oné. x reux au budget et s'en plaignit, — ce ne sont pas quelques mou- 7 vements vers les Iroquois que nous aurions eu à regretter, mais dé une grande alliance de toutes les tribus indigènes contre le Canada las
français : or, au printemps de 1695, la situation générale s’élait assez améliorée pour que Frontenac pût enfin relever de toutes qu
pièces le fort de Catarocouy. des
Le gouverneur n'avait pas plus tôt, en effet, repoussé l'effort du principal des ennemis, qu’il montrait au roi la nécessité de f rétablir ce poste : quoi qu’en disent des adversaires ignorants ou pur intéressés, écrivait-il, le fort du lac Ontario nous est indispen- Wa sable, en temps de guerre pour rallier nos sauvages, en temps ue de paix pour attirer leur commerce ‘. Pendant trois ans, cepen- les dant, Frontenac dut attendre; il n’avait pas les fonds nécessaires, pre) et l'insécurité de tout le pays ne lui permettait pas de dégarnir Riel les côtes pour une expédition de quelque durée. L'occasion sou- ls : haitée s’offrit enfin en 1695; le 20 juillet, sept cents hommes pate partaient de Montréal, sous le commandement d’un officier SRE
nommé Crisafy. La troupe arriva sans encombre, car elle était assez nombreuse pour n'être pas attaquée; les ouvrages principaux, assez bien conservés encore, furent rapidement restaurés, et Crisafy, laissant au fort La Vallière avec quarante-huit hommes, rentrait paisiblement à Montréal le 14 août ?. Dans sa lettre annuelle au ministre, Frontenac, rendant compte de cette expédition, insistait encore sur l'utilité du fort; il y a, dit-il, chez ceux qui la contestent, « de la passion, de l'intérêt, peu d’égards pour le bien public et moins encore pour les armes du roi * ».
Parmi les adversaires du gouverneur, l’intendant était le plus opiniâtre; à l'entendre, Frontenac dépensait trop, engageait des frais sans prudence : le ravitaillement du petit poste rétabli dès 1689 au lac Ontario coûtait quinze mille livres par an; l’entrepr de 1695 représentait seule un surcroît de soixante mille Et quoi? Pour tenir « cinquante hommes d'élite inut! en prison entre quatre murailles »; le fort est élo , mails ne sert pas à la traite; le gouverneur disperse malgré tous ordres les troupes de la colonie, ce qui serait fort dangerer* 0l
1. Lettre du 15 sept. 1692. Ar. col., C. G. Can., XII, 27. 6 2, Lettre de Callières, 27 oct. 1695. Id., XIII, 379. M S 3. Id., id., 287. és.
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cas d'attaque par les Anglais !. Décidément, Champigny n'est pas supérieur à Duchesneau; ce sont, contre Frontenac, les mêmes critiques insidieuses et sottes ; Champigny seulement insiste davantage sur les raisons fiscales; il sait qu'à ce moment ce sont les meilleures pour persuader le ministre, el ne veut pas comprendre qu'en réédifiant le fort de Catarocouy, le gouvernement prévient des guerres coûteuses et ménage ainsi pour l'avenir les finances du roi.
L'assemblée des sauvages à Montréal, dans l'été de 1695, fut particulièrement nombreuse; les premiers Outaouais arrivés, trouvant l'expédition de Crisafy prête à partir, s'en réjouirent, car ils voyaient que le commandant de Michillimackinac ne les avait pas trompés, et que les Français étaient décidés à prendre leurs sûretés contre les Iroquois. Outre les sauvages de Michillimackinac, un groupe de Sioux vinrent alors à Montréal, où ils n'étaient jamais descendus auparavant; c'était le résultat des patientes négociations de Nicolas Perrot et de Le Sueur ; bientôt après, Perrot arriva lui-même avec une douzaine de canots de Sakis, d'Outagamis et de Miamis, puis Crisafy, ramenant la petite armée qui avait restauré le fort du lac Ontario. La réunion était ainsi plénière, et Frontenac, le 16 août, donna solennellement audience aux sauvages; fidèle à l'une de ses idées favorites, il les pria de se grouper en villages autour des forts français; ainsi, leur résislance aux Iroquois serait mieux dirigée et plus efficace. Renouvelant ses exhortations ordinaires, il leur recommanda de vivre en paix entre eux, pour réserver toutes leurs forces contre l'ennemi commun ; il bläma les Outaouais de Michillimackinac et le Baron, chef des Hurons de ce pays, de se laisser trop facilement tromper par les propositions iroquoises; il fit à Tioskatin, chef des Sioux, une réception particulière : ce sauvage se mit à ses pieds, pleurant à chaudes larmes et suppiiant, au nom des vingt-deux vil-
lont il couchait les flèches sur le sol, qu'Onontio voulût tre son père, comme il l'était des autres nations. On pense av quel plaisir sa requête fut accueillie ?. Frontenac acheva les discours en conseillant la guerre aux Iroquois : « Je me suis approché d'eux, dit-il, et j'ai des soldats à Catarocouy, dans le 1. Lettres et n