‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 327 sur 395 · Lettre de ( M. S.M., V · texte numérisé non relu

Lettre de ( M. S.M., V

nu, de Champigny. Ar. col., C. G. Can., 84, 260; XIV, 32. res, 27 oct. 95; — Mém. 1695-1695. Id., XIII, 316, et Cf. La Potherie, IV, 30 ss.

fort qu’on avait abandonné; il faut que vous vous approchiez aussi de l'ennemi pour m'’imiter, et avoir plus de facilité de faire coup sur lui. » C’est La Mothe Cadillac qui aura, de la part d'Onontio, la direction générale de cette guerre; les autres off. ciers qui ont des postes parmi les indigènes, Mantet, Courtemanche, Nicolas Perrot, doivent lui être entièrement soumis !. Il y avait donc bien unité d'action dans la politique française à cette époque, et la dispersion de forces dont se plaignait Champigny n’était que l'expression adéquate aux conditions dr. milieu d’une tactique très sage et très cohérente.

L'année 1695 marquait pour Frontenac une date de succès; malgré des oppositions aussi vives que vingt-deux ans plus tôt, il avait rétabli le fort du lac Ontario; tandis que les Anglais, intimidés, perdaient de leur autorité parmi les Iroquois, il nouait autour de ceux-ci comme un faisceau d’alliances; il y a certainement une intime relation entre le relèvement du fort Frontenac et la grande affluence des indigènes à la foire de 1695. La confiance de tous ainsi regagnée, Frontenac était plus fort que ses prédécesseurs tout en imposant moins de sacrifices aux Canadiens; les partis de sauvages, encadrés par des coureurs de bois, l'avaient jusqu'alors, pendant cinq années entières, dispensé d’une guerre en règle avec des troupes européennes ou même des milices. Et pourtant, parmi les Français eux-mêmes, les adversaires du gouverneur n'avaient point désarmé; jusqu'ici du moins, la cour ne leur avait prêté qu’une attention distraite, et leurs querelles avaient exercé la patience de Frontenac sans l’empêcher encore de poursuivre son œuvre recommencée.

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