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extérieurs. Le 4 mai 1690, Frontenac entrait au Conseil d’après le cérémonial convenu ; il prenait place dans l'assemblée et la remerciait de son accueil. L'accord s’était ainsi établi, entre le gouverneur et les magistrats, avec quelque minutie, mais sans difficulté sérieuse ; l’évêque et l’intendant, consultés, avaient affecté de ne point se prononcer; Champigny cependant avait déclaré qu'il ne voyait point la nécessité d'introduire un nouveau protocole, mais il n’avait autrement marqué sa mauvaise humeur que par cette discrète protestation ‘. Pendant le siège de Québec, Frontenac tint, à l'approbation de tous, le rôle directeur de la défense; mais lorsque, le danger passé, la Nouvelle-France respira, les adversaires du gouverneur général s’enhardirent, et la lutte reprit pour les mêmes raisons et presque entre les mêmes hommes qu’autrefois.
L’intendant Champigny n’aimait point Frontenac; très lié avec les Jésuites et les ecclésiastiques, qui étaient sous Denonville tout-puissants dans la colonie, il se trouva soutenir à leur tête une politique toute d'opposition, lorsque Denonville fut remplacé par Frontenac; autant le premier était de tempérament soumis, autant son successeur montrait de hautaine indépendance ; Frontenac n'hésitait pas, le cas échéant, à n'appliquer qu'avec des réserves les ordonnances venues de Paris : ses démêlés avec Duchesneau l'avaient assez prouvé. Aussi dès 1691, Champigny commence à se plaindre du gouverneur général. Frontenac, dit-il, veut tout faire par lui seul; il s’est obstiné à envoyer une expédition sur Catarocouy, pour empêcher l'évacuation prescrite par Denonville; il n’a pu demeurer un mois auprès du gouverneur sortant sans se brouiller avec lui; il vient de nommer à Québec un capitaine de port, dépense tout à fait inutile, puisque le lieutenant général et le procureur de la prévôté peuvent bien assurer tous les services de police; il veut marcher seul à la tête du Conseil aux processions, alors qu’un règlement de 168% porte que l'intendant a rang à sa gauche; il a fatigué le Conseil par des détails d’étiquette au sujet de sa réception et, sans aviser l'intendant, publié des ordonnances pour le logement des soldats ou signé des promotions d'officiers; enfin, « son point de vue est de rendre ici un intendant sans autorité, de le dépouiller de ses fonc-