TEST TARGET (MT
| O “li ls
“ Né 22
jui “He = Li LS (IL II
. À n° Photographic 23 WEST MAIN STREET %°
SCIENCES ras" Corporation
neur, réussit à lever un parti d'Outaouais contre les Iroquois: pendant ce temps, Frontenac montait à Montréal pour achever les préparatifs de l'expédition principale ; l’armée, composée de quatre bataillons de troupes réglées et de quatre de milices, comptait environ dix-huit cents Français; cinq cents sauvages de Sillery et du Saut les accompagnaient. On partit de la Chine, par le Saint-Laurent, le 4 juillet ‘ ; les alliés étaient en tète, puis Callières, dont les hommes avaient deux barques armées de canons et formaient l’escorte du gouverneur et de son état-major; derrière venait Ramezay, gouverneur de Trois-Rivières, avec les milices; enfin Vaudreuil dirigeait l’arrière-garde, composée de soldats du roi et de sauvages; La Durantaye, Subercase, Maricourt, Beauvais avaient dans l'armée divers commandements. En douze jours, à travers les rapides, on franchit les soixante lieues qui séparent Montréal du fort Frontenac. Là, les troupes s’arrétèrent quelque temps ; le gouverneur profita de leur présence pour faire renforcer les ouvrages, puis, ne voyant pas venir les Outaouais qu'il attendait de Michillimackinac, il reforma son ordre de route et traversa l’Ontario pour pénétrer dans la rivière des Onnontagués; à plusieurs reprises, il fallut faire des portages, dans un pays d’épais taillis où la moindre embuscade eût arrêté toute l’armée; mais les Onnontagués ne disputèrent aucun de ces passages, et Frontenac les franchit sans descendre de son canot, « enlevé dedans sur les épaules de cinquante sauvages, qui chantaient et faisaient des cris de joie? »; au delà d’un lac, où toute la flottille s’était déployée, les troupes mirent pied à terre et se rangèrent en deux corps de bataille, sous Callières et Vaudreuil. Au centre Frontenac, trop âgé pour s'imposer sur ce sol inégal les fatigues de la marche, était porté dans un fauteuil par des sauvages.
Le 4 août, on était en vue des villages onnontagués, mais l'ennemi n'avait pas encore paru; il s'était dispersé parmi les tribus du voisinage, laissant la moisson inachevée ; l’armée dut alors se
borner à piller méthodiquement le pays; les cabanes furent brü- À
tées, les champs ravagés « de manière qu'il ne restât pas un épi debout »; on voulait « réduire les Iroquois à mourir de faim ou
1. J'adopte cette date, donnée dans le récit de Callières, plutôt que celle de La Potherie (HI, 270), 15 juillet.