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Colbert, de ce qu'il travaillait parfois à des arrangements, « croyant en cela soulager les pauvres habitants et épargner leur bourse ».
Dans la dernière année du gouvernement de Talon, le conseiller Villeray avait été suspendu de sa charge; les habitants l'accusaient de lever, au nom de la Compagnie des Indes dont il était l'agent, un droit abusif sur les marchandises sèches. Cette impopularité ne l’empêcha pas de brigüer la place de procureur général au Conseil Souverain; dans son premier mémoire (2 nov. 1672), Frontenac, évidemment instruit par Talon, se montre hostile à Villeray : « C’est un brouillon, dit-il, quoique d'ailleurs il ait de l’entendement et du savoir »; puis, autre grief : «Il est entièrement dévoué aux Pères Jésuites; on dit qu'il est du nombre de ceux qui, sans en porter l’habit, ne laissent pas d’en avoir fait les vœux ». Ceci n’était pas une révélation pour Colbert, qui connaissait, en 1665, l'intimité de Villeray avec les Pères, et recommandait à Talon d'y prendre garde ?. Cependant, lorsqu'il répond aux plaintes de Frontenac à, il plaide les circonstances atténuantes; aucune des assertions du gouverneur n’est contestée, mais le ministre insiste sur les égards que l’on doit à Villeray, « celui des habitants du Canada qui s’applique le plus au commerce, même qu'il a déjà des vaisseaux en mer qui ont donné commencement au commerce avec les îles de l'Amérique ». Villeray n'eut pas entièrement satisfaction puisqu'il ne fut point nommé à la charge qu'il souhaitait; mais il recut le titre de premier conseiller, tandis que d'Auteuil était désigné comme procureur général.
Les registres du Conseil ‘ nous montrent que Frontenac se soumit de mauvaise grâce. Dans la séance du 3 octobre 1674, il observait que les provisions de Villeray n'étant point arrivées avec celles de d'Auteuil, il pouvait surseoir à l'installation de ce magistrat. Cependant, ajoute-t-il, comme l'intention du roi lui est suffisamment connue ÿ, et qu’ « il doit, par son exemple,
1. Frontenac au ministre, lettres du 13 nov. 1673 et du 14 nov. 1674. Ar. ANT, êtr., Amér., V, 321 ss. — Ar. col., C. G. Can., IV, 62.