‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 60 sur 395 · lielat, de · texte numérisé non relu

lielat, de

3 Douniol, IF, 168.

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vages poussent en voix de tête des notes aiguës déchirantes pour des oreilles européennes, comme s'ils voulaient s'appeler les uns les autres, à de grandes distances à travers bois; mais il est visible que, dans un office, ils remplissent leur rôle de tout cœur, et que les assistants sont intéressés par ces psalmodies perçantes. Le bagage des missionnaires n'était pas volumineux, mais on y trouvait toujours quelques tableaux de sainteté, aux couleurs vives, dont les Pères se servaient pour expliquer la doctrine catholique; c'étaient des représentations de scènes plutôt terribles destinées à frapper les imaginations : l’enfer, le jugement universel. On passait vite sur les mystères, insistant de préférence sur quelques vérités plus sensibles et plus touchantes !, Malgré ces précautions, les apôtres étaient quelquefois maltraités, comme le P. Bailloquet, « qui, selon le conseil de saint Paul, prêchait jusqu'à l’importunité » ?, Ils étaient ordinairement réduits, lorsqu'ils entendaienl faire acte propre de prêtres catholiques, à se cacher ou user d'artifices ; ainsi le P. de Lamberville, missionnaire aux Onnontagués, s'était acquis une grande popularité, « par l'usage qu'il savait faire de plusieurs remèdes » ; par là, il avait entrée dans toutes les cabanes et accès auprès de tous les malades, « de sorte qu’il lui en échappe peu qu’il ne baptise avant qu’ils ne meurent » ?; sil avait voulu procéder officiellement au baptème, il se fût probablement butté à l'opposition des familles, sinon à celle des moribonds eux-mêmes; pareille mésaventure était arrivée au P. Nouvel, blessé par des parents dont il voulait empêcher les jongleries, et au P. Garnier, qu’un malade rebelle, baptisé en cachette, accusait de lui avoir versé un poison ‘. Quelquefois c'était bien pis : à la suite d’une guerre, les Nadouesioux avaient envoyé des ambassadeurs aux Outaouais du Saut-Sainte-Marie ; méprise ou trahison, ces parlementaires furent attaqués, quelques-uns massacres ; dans la bagarre, on incendia la maison des missionnaires, et les sav vages, craignant la vengeance des Nadouesioux, se dispersèrent dans les bois 5. Il fallait alors recommencer, de toutes pièces,

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