Id., p
, Arnauld, op. cit., 716.
quelque belle apparence extérieure » ; ses vices ordinaires étaient l'impureté, l’ivrognerie, l’impiété; le scandale était d'autant plus grand qu'il était fort estimé pour sa valeur, son esprit et son bon sens, et très écouté dans les conseils de sa nation; il ne se convertit plus exactement que sur le tard, un jour qu'il se vit accusé à tort d’un crime qu'il n'avait pas commis !. D'autres, bien que chrétiens, ne renonçaient pas à s’enivrer et le P. Garnier notait déjà comme un commencement de succès que les ivrognes avaient le respect de ne point venir à la chapelle ?. On peut donc conclure, sans chercher d’autres textes que ceux des Jésuites eux-mêmes, que les missions lointaines réussissaient fort peu: l'insuccès n’est pas spécial aux Pères de cet ordre, puisque les Sulpiciens de Montréal, constatant l’inutilité de leurs efforts, avaient à p" près renoncé à leurs prédications chez les Iroquois du nord de l'Ontario . Mais il faut ajouter que, si des amis trop zélés faisaient grand bruit, comme dit Arnauld, des prétendues églises de sauvages du Canada, ce ne sont pas les Relations qui leur en donnaient le droit : ces récits, pour qui les lit sars parti pris, n’ont en rien l'allure d’un chant de triomphe; ils sont simples, modestes comme les résultats obtenus; s'ils ont pu produire sur les contemporains une impression très vive, c'est qu'ils étaient les seuls documents publiés sur ces pays, dont le nom même devait être inconnu à beaucoup de Français d'alors. Les missions établies dans le haut pays ne servaient dont guère qu'à entretenir le zèle des missionnaires ; par contre celles placées auprès des centres français étaient beaucoup plus réellement prospères ; les deux principales étaient Notre-Dame de Québec et Saint-Xavier de Montréal, appelé aussi la Prairie de la Madeleine. Le P. Raffeix, missionnaire chez les Tsonnontouans, disait avec raison que « l'éloignement des Français, chez lesquels ces peuples ne vont presque point, leur fait trouver étranges les enseignements de la foi, parce qu'ils n’ont presque jamais vi personne les croire et les pratiquer * »; inversement, la Relation de 1670 explique fort bien comment quelques Hurons, fixés aux environs de Québec après la ruine de leur nation par les lro-