‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 69 sur 395 · Relat. 1671-79, p · texte numérisé non relu

Relat. 1671-79, p

Ar, AT, Etr., F; Amérique, V, 342.

i. Dichesneau à Colbert, nov. 1679. Ar. col,, C. G. Can., V, 49. », Frontenae à Colbert, 6 nov. 79. Id., id., 15.

5, Voir rapport de l’évêque Saint-Vallier… Mandements, 1, 209.

aprèsles premiers essais de cette éducation. Ils représentèrent ces inconvénients à M. Talon, lorsque ce magistrat leur communiqua les ordres du Conseil à ce sujet; mais leurs représentations furent mal reçues; on les attribua à l'envie d’être les seuls maîtres des sauvages, et de vouloir par là se rendre toujours nécessaires !, » L’historien va au-devant du reproche que l’on adresse aux Péres de la Société; assurément, pour des esprits impartiaux, les motifs de l’obstination des Jésuites étaient ceux-là; l’œuvre de l'évangélisation du Nord-Amérique tentait Le zèle ambitieux de cet ordre; les Pères voulaient donc rester sinon, comme le dit Charlevoix, les seuls maitres des sauvages, du moins les seuls intermédiaires européens entre ces peuples et les Français. N'est-ce pas ainsi encore qu'ils agissent par exemple aux iles Philippines, refusani sous divers prétextes d'enseigner l'espagnol aux naturels du pays *? Si l'on était décidé, à Paris, à faire de la Nouvelle-France une colonie utile, une seule politique indigène était possible, celle de Frontenac; si, par contre, on cédait aux doctrines des Jésuites, en isolant les sauvages des Français, la dernière conséquence était que les Français quittassent un pays où ils ne pouvaient rien faire sans des correspondants indigènes capables de les conprendre. Frontenac a eu le mérite de voir clair là-dessus et d'agir fermement en conséquence; trop tard, les Jésuites ont compris que leur avantage, comme celui de la colonie et de la religion méme, était dans une alliance déférente avec le gouvernement

Toutefois cette alliance, très lentement conclue en ce qui concerne les Outaouais, existe dès les débuts de Frontenac pour les missions iroquoises, et voilà qui prouve encore, en ce qui concerne le gouverneur, comment des considérations toutes poliliques

sont celles qui dominent ces débats. Les Iroquois étaient, pour les

missionnaires de la Nouvelle-France, les représentants du démon lui-même; par leurs incursions continuelles, ils contribuaient à maintenir, chez les nations voisines, un état d'incertitude très peu favorable à la prédication du christianisme et à l'adoucissement des mœurs; de plus, ils étaient en rapports constants ave les Anglais et les Hollandais de la côte, et, par leur intermédiaire,

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