Fumer
laborieusement concertée. Ces discours nous donnent, dés le début, la clef de toute la politique indigène de Frontenac. On ne peut se défendre d'une admiration sincère pour la haute intelligence d'un homme qui, moins d’un an après son arrivée dans la Nouvelle-France, s’exprimait en des termes si heureusement choisis. Considérez, disait-il aux Iroquois sans cesse étonnés de son adroite mise en scène, considérez la grandeur et la puissance d'Onontio, Regardez la quantité de gens qui l’environnent, la facilité et la vitesse avec lesquelles il a passé vos sauts et vos rapides, avec des barques armées de canon. Rien ne l’obligeait à ce voyage: il vient « par promenade et sans aucune nécessité; jugez après de ce qu’il pourrait faire, s’il voulait opprimer quelqu'un de ses ennemis! Pensez sérieusement à toutes ces choses, vous avouerez que c’est un bon père, qu’il n’est point cruel et qu'il est l'arbitre ï absolu de la paix et de la guerre. » Les Iroquois sont donc bien AR prévenus : leur sort est entre leurs mains, et leur père peut désormais exposer librement ce qu'il attend d'eux.
Ce qu'il leur demande, en un mot, c’est de se rapprocher des Français de toutes manières, de se faire instruire dans leur langueet dans leur religion, d'établir avec eux des relations de commerce tt d'amitié. Dans chacune de ses paroles !, il a grand soin d’énumérer les Cinq-Nations, car Garakonthié lui a dit que toutes sont représentées, qu’elles n’ont « qu’un même esprit et une même pensée », et cette unanimité, quand il s’agit d’une démarche pacifique, est trop rare, pour que Frontenac perde une occasion de la faire ressortir. L'établissement du Catarocouy était de nature à inquiéler les Iroquois; quelques-uns s’étonnaient de l’activité déployée autour d’eux pour élever un fort. Frontenac s’empresse de les rassurer : rien, dit-il, ne pouvait mieux témoigner des intentions d'Onontio que la création de ce poste, où les Cinq-Na ions trouveront à bref délai « toutes sortes de rafraichissements » ; le got: verneur s’efforcera de leur faire accorder les meilleures conditions possibles, car il veut traiter ses enfants Iroquois de la mème manière que les Français; bien loin de craindre, les Iroquois doivent donc prendre à cœur de montrer à Onontio leur reconnaisance; ils n’auront plus besoin de porter leurs pelleteries fort loin,
1. Les documents appellent ainsi chaque proposition qui fait l’objet dut discours spécial.
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