Margry
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denrées venant de France !. Mais il fallait pour faire réussir ce plan, que le gouverneur contrôlât activement toutes les allées et venues des habitants dans la colonie; pour réagir contre les habitudes prises, une surveillance presque tyrannique était, au début du moins, nécessaire ; et voilà pourquoi Frontenac entend astreindre à l'obligation du passeport aussi bien les ecclésiastiques que les marchands, s'imaginant d’ailleurs que plus d’un missionnaire cachait un traitant ?.
Dans sa lettre du 2 novembre 1672, Frontenac expose son système : s’il a joint le nom du P. de Crépieul, Jésuite, à ceux des chasseurs autorisés à faire la traite au lac Saint-Jean, c’est à dessein, parce qu'il ne veut pas laisser de privilèges aux Jésuites ?; ils doivent être les premiers à donner l'exemple. Le supérieur général l'a bien compris, puisque, dès qu’il a reçu l'observation de Frontenac, il lui a envoyé le P. de Crépieul pour demander un passeport. D'après l’abbé Faillon, cette pièce était exigée des missionnaires, non seulement quand ils voulaient repasser en France ou se rendre de Québec à Montréal, mais encore lorsqu'ils sortaient de leur mission; l'abbé d’Urfé se serait plaint qu'il lui était fort difficile, dans ces conditions, de remplir les devoirs de son ministère #.
Il est naturel que les ecclésiastiques trouvent cette discipline très dure; ils sont mieux fondés encore à s’irriter que le gouverneur général prenne connaissance de leur correspondance ÿ, Mais Frontenac n'avait-il pas quelques bonnes raisons à leur opposer? Le domaine des missions indigènes appartenait en fait aux Jésuites; le gouverneur avait des instructions formelles pour en arrêter le développement, parce que ces Pères n’admettaient la collaboration de l’autorité civile que dans des cas particuliers, comme celui des Iroquois. Est-ce que, d’ailleurs, ce régime était nouveau? Exigeait-on des Jésuites, comme dit le P. Martin dans l'étude qui termine son recueil, ce qu'on ne leur avait jamais demanié (? La Relation de 1671 est là pour attester que Frontenac, au lieu