‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 98 sur 395 · A Frontena( à Voir Dounic 4. Lettre du · texte numérisé non relu

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d'innover comme on l’en accuse, suivait une tradition : lorsque le P. Albanel, missionnaire de Tadoussac, veut accompagner Couture et Saint-Simon à la baie d'Hudson, il envoie chercher un passeport à Québec !. Le P. Dablon, supérieur des missions canadiennes, se soumettait sans difficulté aux réclamations de Frontenac à propos du P. de Crépieul. Par contre, pour la région des Outaouais, qui était le vrai territoire des missionnaires, ne semble-t-il point, par l'exemple du P. Marquette s’associant à Jolliet, que les Pères savaient fort bien, à l’occasion, se dispenser du passeport? Il serait vraiment incroyable, si le P. Marquette avait fait comme le P. de Crépieul, que Frontenac ne parle pas de l'un comme de l’autre; et si, comme toutes les vraisemblances l'indiquent, le P. Marquette et ses supérieurs dissimulèrent son rôle au gouverneur, celui-ci n'était-il pas fondé à maintenir une exigence qui rendait ces surprises au moins plus difficiles?

Quant aux motifs que l’abbé Faillon indique des résolutions de Frontenac, ils sont de fantaisie pure; Frontenac aurait voulu cacher aux missionnaires le trafic illicite de ses protégés, pour éviter que sa conduite füt connue à la Cour. Mais étaient-ce donc les missionnaires qui se chargeaient d'informer la Cour sur ses fonctionnaires, et l’abbé Faillon, en s’acharnant contre Frontenac, ne frappe-t-il pas un coup qui atteint ailleurs qu'il ne vise? Puis ce trafic illicite n'avait rien que de très légitime, ou du moins, comme on le verra plus loin, les excès n’en étaient pas imputables au gouverneur général. Il reste seulement que celuici, dans son désir très vif de ramener tous les habitants de la Nouvelle-France à la notion de leurs devoirs de sujets, traitait les ecclésiastiques avec une rigueur que la Cour n’approuva point sans réserve. Colbert ordonna qu'on laissât circuler les prêtres sans passeport dans tout le Canada ?et que leur correspondance fût entièrement libre. Toutefois, dans une lettre ultérieure, il exprimait le désir que les missionnaires, partant pour des expédilions lointaines, fissent savoir aux administrateurs où ils allaient ?, il souhaitait aussi qu'il fût interdit aux ecclésiastiques de passer en France sans une permission du gouverneur général‘, Les vraies

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