‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 284 sur 316 · PAIX DE RYSWICK · texte numérisé non relu

PAIX DE RYSWICK

cier, et Frontenac lui fit faire des obsèques solennelles, sûr que cette attention serait appréciée des Iroquois f,

C'est par le pays de ces sauvages que le Canada reçut la première nouvelle de la paix de Ryswick : le 28 janvier 1698, un Anglais d'Orange, nommé Abraham, venait l’annoncer à Montréal : quelques semaines après, au mois de mai, ce même personnage accompagné de deux officiers, Schuyler et Dellius, apportait l'avis authentique envoyé à Frontenac par le gouverneur des établisse- . ments anglais, Bellomont, avec les articles mêmes du traité: de France, Frontenac fut informé beaucoup plus tard; en juillet, le capitaine d’un petit vaisseau de Bayonne lui apprit que la guerre était terminée depuis près d’un an, et c’est à la fin de ce mois qu’arriva enfin, par l’Acadie, la lettre officielle adressée par le ministre; Villebon, gouverneur d’'Acadie, avait été directement prévenu par les Anglais de Boston dès les derniers jours d’avril?. Frontenac resta donc plusieurs mois sans savoir exactement ce qui s'était passé en Europe et ce qu’il devait accueillir des renseignements de la Nouvelle-Angleterre; aussi jugea-t-il prudent de se tenir sur la réserve et surtout de n’admettre qu'avec défiance les propositions des Iroquois; il ne fallait pas, sur une nouvelle encore douteuse, mécontenter inutilement nos alliés de l’ouest.

Beaucoup d'Outaouais de Michillimackinac étaient venus en traite à Montréal dans le courant de juillet 1698; quelques-uns même étaient allés jusqu’à Québec au-devant de Frontenac. C'est en leur présence que le gouverneur reçut le texte officiel du traité de Ryswick; déjà ces sauvages étaient inquiets du départ de quelques français de Michillimackinac; quoique Tonty se fût montré décidé à remonter parmi eux, le bruit s'était répandu qu'il ne reviendrait pas et qu’on allait, au Canada, traiter avec l’Iroquois. Frontenac, au risque d’encourir les reproches du ministre, leur fait entendre qu’ils s’alarment à tort : il a rappelé des Français, il est vrai, mais seulement pour les obliger à payer leurs dettes aux habitants de Montréal; il ne traitera pas avec les Iroquois si tous nos alliés ne sont compris dans la paix. À ce moment, un Iroquois du Saut

1. Relation de 1697-1698. Ar. col., C. G. Can., XV, 22. — Cf. La Potherie, [VS 91"

2. Lettres de Champigny, 12 juillet 1698; — de Callières, 15 oct.; — de Villebon, 3 oct. Ar.-col., CG. G. Can., XVI, 97; M. S. M., VI, 62, et Acadie, IT,

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