‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 285 sur 316 · T8 LE COMTE DE FRONTENAC · texte numérisé non relu

T8 LE COMTE DE FRONTENAC

apporte un message à Frontenac : « Les Onnontagués, dit-il, sont occupés à pleurer un de leurs chefs, {a Chaudière Noire, mort dans un parti de guerre; mais ils ont des intentions pacifiques, et envoient un collier à Onontio pour en témoigner. » Sur une question de Frontenac, l'Iroquois déclare ignorer les intentions de ses compatriotes à l'égard des nations des Lacs; le gouverneur alors, saisissant le collier, le lance à la tête du messager et l’Iroquois s'enfuit, poursuivi par les huées des sauvages‘. De pareilles démonstrations faisaient plus pour rallier les [roquois que des concessions attribuées à la peur.

Dès que la paix avait été annoncée de Boston, Frontenac avait adopté à l’égard du comte de Bellomont une conduite telle que la question iroquoise, si les plénipotentiaires ne l’avaient déjà tranchée en Europe, pût être ultérieurement résolue d’après lesintérêts de la Nouvelle-France. À l’époque du siège de Québec déjà, les Anglais avaient, par des exigences maladroites, compromis leur situation parmi les Iroquois; ils n’avaient pas, en 1698, renoncé à leurs prétentions, et Bellomont dans sa correspondance avec Frontenac affectait de considérer ces sauvages comme des sujets du roi d'Angleterre : la paix de Ryswick, par conséquent, leur était applicable, et leurs prisonniers devaient être rendus par Frontenac au même titre que les prisonniers anglais; d'autre part au contraire, Bellomont renvoyant à Port-Royal d’Acadie quelques colons français pris pendant la guerre, faisait savoir qu'il gardait plusieurs Abénaquis; il entendait donc se réserver, vis-à-vis de tous ses voisins indigènes, l’exercice d’une souveraineté fort contestable : il savait qu'en ces matières, à force d’affirmer qu'on a des droits, on finit souvent par en persuader ses adversaires; Frontenac n’était heureusement pas de ceux qu’on berne ainsi; pour les Abénaquis, ilinvita ces alliés à cesser les hostilités contre les habitations anglaises, établissant par là même le domaine du roi de France sur ces tribus; pour les Iroquois, il refusa toujours de recevoir d’eux des propositions anglaises, ou réciproquement ?,

Les premiers ambassadeurs anglais s'étaient adressés à Callières qu'ils avaient vu tout d’abord, en arrivant dans la colonie;

1. Relation de 1691-1698. Ar. col., M. S.M., VI, 46 ss. — La Potherie, IV,

2. Correspondance entre Frontenac et Bellomont, 4698. — Relat. 1697-98. Ar. col., C. G. Can., XVI, 66-86 et M. S. M., VI, 46-51. |

MB RATES

We 2

pl is dns —

s ren SR ETES RATE UT SR ur US LS

PR ES © Jan r

M De

Page 1