‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 38 sur 316 · D4 LE COMTE DE FRONTENAC · texte numérisé non relu

D4 LE COMTE DE FRONTENAC

ment, tous les Iroquois n'étaient pas au même moment disposés à la même guerre : Courcelles dut châtier seulement les Agniers, les autres tribus étant restées alors en paix avec la colonie française. Souvent, lui aussi, Frontenac s’efforcera de tirer parti de ces divisions; le danger d’une union étroite entre les cinq nations iroquoises est capital pour la Nouvelle-France.

De bonne heure, les Iroquois ont noué des relations de commerce avec les Hollandais; le chef Onnontagué Garakonthié, quoique converti au catholicisme et solennellement baptisé à Québec, allait souvent en traite à la Nouvelle-Hollande « où il était fort connu ! »; beaucoup de ses compatriotes faisaient comme lui. Quand le castor des bords de l'Ontario, trop vivement chassé, eut à peu près disparu, les Iroquois franchirent le lac pour aller en course dans le pays des Outaouais, et ces sauvages, peu désireux d'entamer une guerre sanglante pour atteindre la côte sans intermédiaires, les chargèrent de faire les échanges à leur place. Récemment, depuis le traité de Bréda, les Anglais avaient occupé les anciennes colonies hollandaises; ils cherchaient déjà, par les Iroquois, à pousser leurs établissements dans l’intérieur, vers les territoires de chasse; il y avait donc un intérêt majeur pour la Nouvelle-France, à surveiller de très près les Iroquois afin d'empêcher leurs relations avec nos rivaux européens, et de garder ainsi le monopole du commerce avec les nations d’en haut. De plus, quand Frontenac arrive au Canada, la situation n’est plus la même que sous ses prédécesseurs; le gouverneur général n’a rien à espérer de France, il doit donc, par tous les moyens, prévenir un conflit avec les Iroquois; il lui faut aussi rassurer les Outaouais, qui commencent à douter de la puissance française; une politique indigène très compliquée, très délicate lui sera nécessaire dès les premiers jours. Mais ici, comme parmi les colons français, il va rencontrer des occupants en possession.

Les missionnaires avaient tout naturellement choisi comme centres de leurs prédications, les points où l’affluence des indigènes était le plus régulière et le plus nombreuse; Michillimackinac et le Saut-Sainte-Marie étaient les deux grands marchés de la région des Lacs; c'est près de là, en effet, que les trois nappes du lac Supérieur, du Michigan et du lac des Hurons se réunissent

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