‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 74 sur 316 · Ar. col., M. $. M., Il · texte numérisé non relu

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s'accumulent, et les plus résolus ont grande hâte d’en finir; le procès de Perrot, lié à celui de Fénelon, l’embrouillait encore; on décida de s’en remettre à la discrétion du roi, et c’est ainsi que l’abbé de Fénelon partit pour la France, avec Perrot, par les vaisseaux de 1674.

La Cour, dans l’un comme dans l’autre cas, donna en somme raison à Frontenac : l’abbé de Fénelon reçut un blâme de son supérieur général, Bretonvilliers : « pour s’être trop intrigué dans le monde et mêlé de ce qui ne le regardait pas, il avait gâté ses affaires et fait tort à celles de ses amis en voulant les servir {. » Il ne revint pas au Canada. Quant à Perrot, quoiqu'il eût encore de puissants protecteurs, Colbert jugea qu'un exemple était nécessaire et le fit enfermer pour quelque temps à la Bastille. Cette incarcération d’ailleurs ne fut pas longue, car l’ordre d’élargissement immédiat est signé du 7 mai 1675?. — Mais, cette double satisfaction assurée au principe d'autorité, le roi déclare à Frontenac qu’il a été trop dur, en infligeant à un gouverneur dix mois de prison, et que Perrot retournera bientôt dans son ancien gouvernement*; pour ce qui est de l’abbé de Fénelon, il blâme aussi le gouverneur d’avoir tenté d’instituer contre lui une procédure criminelle; « il fallait le remettre entre les mains de son évêque ou du grand vicaire pour le punir par les peines ecclésiastiques »; heureusement, comme les prêtres du séminaire de Montréal sont animés des intentions les plus déférentes, « le différend est entièrement apaisé et ne peut pas tirer de conséquence ». En même temps, le roi priait Frontenac de laisser aux ecclésiastiques toute liberté pour circuler sans passeport à travers la Nouvelle-France, et l’encourageait à continuer avec ardeur sa campagne contre les coureurs de bois #.

Frontenac avait vivement commencé l’œuvre de colonisation qui lui était confiée; il s'était révélé tout ensemble gouverneur et

4. Lettre au séminaire de Montréal, 7 mai 1615, citée p. Faillon, II, 534.

2. Bibl. de PArsenal, arch. de la Bastille, 12473, ° 29. L'ordre: d’écrou ne figure pas dans les pièces qui subsistent de cette collection très mutilée. — La lettre de Colbert du 13 mai 1675 (Clément, III2, 590) dit que Perrot resta trois semaines à la Bastille.

3. Une réconciliation durable eut lieu certainement entre Frontenac et Perrot. L'intendant Duchesneau les met tous deux au même rang parmi ses ennemis (à Colbert, 43 nov. 1681. Ar. col., CG. G. Can., V, 295). — Voir ci-dessous, chap. VI.

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