CRITIQUES CONTRE LE MARÉCHAL
hommes, se préseiUèrent devant llerforden, ville close de murs, entourée d'un double fossé, et qui répondit par une vive fusillade aux sommations qu'on se donna la peine de lui faire, sans soni^er que le manque d'une artilli'rio sufllsante devait leur ôter toute influence persuasive. Après une journée de tiraillerie ({ui coûta fort inuiilement la vie à une trentaine de volontaires, il fallut, le soir venu, se replier sur Bielefeld. Le lendemain, on apprit avec élonnement que l'arrière-garde hanovrienne, pressée de rejoindre l'armée (jui à midi était tout entière de l'autre côté du Weser, avait pendaut la nuit subitement évacué llerforden ; quelques compagnies y furent envoyées, tandis que le gros du détachement regagnait le camp de Rhcda (1),
En passant à Brakwede, les officiers se donnèrent le loisir d'étudier l'ancien camp de l'ennemi, et de cette étude 11 parut résulter que l'attaque en eût été bien plus aisée (|ue ne se l'était imaginé le maréchal, d'après les reconnaissances qu'il avait faites et fait faire. Comme il est toujours commode de juger après coup, et beaucoup plus facile d'apprécier sur le terrain même les avantages ou les inconvénients d'un poste que d'autres n'ont pu apercevoir que du dehors et de loin, le résultat de cette enquête tourna contre le maréchal, et les visiteurs en rapportèrent au camp une impression dont le comte de Gisors, malgré la justesse de son esprit, ne se défendit pas complètement d'abord. Ainsi il écrivait à son père : « Je ne peux pas vous dissimuler que la connoissance du camp de Brakwede d'une part, et de l'autre, le peu d'avantage que nous avons tiré de notre
(1) Gisors à Belle-Islc 14, IG cl 19 juin [3432-3133].