‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 121 sur 277 · PÉRIPÉTIE DE LA BATAILLE · texte numérisé non relu

PÉRIPÉTIE DE LA BATAILLE

ner la partie sans plus de résistance ; il était évident que c'était la colonne de Chevert débouchant des bois, victorieuse et menaçant de lui couper le chemin de Hamelen, qui avait fait tomber les dernières espérances du chef de l'armée hanovrienne. On n'avait point, il est vrai, de nouvelles directes de Chevert; mais le tableau qu'on avait sous les yeux était parlant et sianificatif. Ainsi la bataille était gagnée.

Cependant, de la redoute où il s'était placé, le maréchal écoutait avec surprise une vive fusillade qui venait tout à coup d'éclater à sa droite, dans la montagne, sur un point où tout bruit de combat avait depuis longtemps cessé. A travers les arbres, il apercevait confusément des groupes vêtus de rouge, et d'abord il crut que les dragons de M. d'Arraentières ou quelques bataillons suisses, ainsi vêtus, avaient été pris pour ennemis par d'autres troupes françaises. Il ne se trompait pas absolument, car, dans la bagarre, il y eut des coups de fusils tirés entre Français. Mais il y avait plus qu'une erreur, il y avait un danger; l'ennemi était là; le maréchal en eut bientôt la preuve. Aux tambours qui par ses ordres rappelaient à grand bruit pour se faire entendre des troupes en lutte dans les bois, des coups de canons répondirent; des boulets vinrent tomber dans les rangs des carabiniers déployés entre Hastenbeck et la grande redoute (1). Gomment

(1) Éclaircissements, etc. p. lo.

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les Hanovriens étaient-ils à cotte place? Comment y avaient-ils du canon? En un mot, (jue sï-tait-il passé dans ces bois ?

Lorsque Ghevert, après quatre heures de marche, avait enfin abordé, vers neuf heures du matin, les postes retranchés qui couvraient dans la montagne l'extrême gauche de l'armée hanovrienne, il y avait rencontré une résistance formidable. Dès la première décharge, le lieutenant-colonel de Picardie, le colonel de Navarre, sept capitaines de grenadiers, beaucoup d'officiers subalternes, étaient tombés morts ou grièvement blessés ; le commandant des volontaires, M. de Bussy, qui la veille avait reconnu la direction à suivre, venait d'être, le premier, tué roide. Sans guide, la colonne avait été forcée de défiler au pied d'un escarpement dont une ligne de feu couronnait la crête. Enfin, à force de gravir, elle avait atteint une arête qui se reliait au plateau occupé par l'ennemi. Elle allait gagner sa l'evanche ; seize pièces de canon, hissées à force de bras, avaient renversé les abattis derrière lesquels s'abritaient les grenadiers hanovriens. Quoique le duc de Cumberland, dès les premiers bruits du combat, eût envoyé trois bataillons de Brunswick pour les soutenir, dès que leurs adversaires se trouvèrent de niveau et en état de se prendre corps à corps avec eux, la lutte, quoique énergi(iue, ne fut pas de longue durée. Les Hanovriens cédèrent et, tout en tiraillant, se replièrent vers le gros de leur armée. Leur retraite indiquait à Ghevert le chemin qu'il devait tenir. Parvenu sur un sommet découvert, d'où les lignes françaises étaient en vue, le régiment de Picardie y planta l'un de ses drapeaux. Désormais il n'y avait

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