‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 178 sur 277 · FIN DE LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

FIN DE LA CAMPAGNE

de jambes; je leur ai pardonné d'autant plus volontiers que moi-même j'étois rendu. M. le maréchal, dit-on, auroit grande envie de reconduire les ennemis sous Stade, mais M. de Maillebois et le défaut de subsistances s'y opposent (1). »

Ce fut décidément la fin de cette longue campagne ; le 27 décembre, les troupes furent envoyées dans leurs cantonnements. Ceux du régiment de Champagne avaient été changés ; ce n'était plus à Zell, c'était à Osnabruck qu'il devait passer le reste de l'hiver. En quittant la bonne petite ville qui lui avait fait, quinze jours auparavant, un si cordial accueil, le comte de Gisors était navré du désordre oii il la laissait. « Je vous ferois frémir, écrivait-il, si je vous racontois à quel point le pillage et l'insolence du soldat ont été poussés en ce moment-ci. Pour peu que cela durât, la vie des officiers ne seroit pas en sûreté, et plusieurs ont déjà perdu leurs équipages (2). » Hors du service, pour tenir les insolents à distance, les officiers étaient obligés de s'armer de bons gourdins, et jusque-là M. de Gisors avait interdit aux siens de porter même une canne. Les bons pro])Os, la raison ne pouvant plus se faire entendre, il fallait en venir aux dernières rigueurs. Dans le régiment de Champagne les maraudeurs étaient passés par les verges ; les coupables, pris désormais en flagrant

(1) 26 décembre [3446].

(2) Gisors à Bcllc-Islo, 28 décembre 1757 [3446].

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