‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 177 sur 277 · RETRAITE DES HA^•0VR1E^'S · texte numérisé non relu

RETRAITE DES HA^•0VR1E^'S

meilleures têtes de l'armée française ; le froid, la neige, les maladies, la difficulté de vivre. Les lieutenants du prince Ferdinand l'avaient dissuadé de combattre. Pour le maréchal de Richelieu, plus satisfait qu'il ne voulait le paraître, cette issue de la crise était la meilleure, parce qu'elle était la plus sûre. « Rendez grâces à Dieu, écrivait Crémille à Duverney, de ce que sa bonté divine nous a préservés du malheur d'un bataille ; en supposant dans nos soldats toute la bonne volonté qu'ils ont en effet montrée ce jour-là, je doute que la force de leurs corps exténués eût pu y répondre, et, en vérité, je crois que nous ne sommes plus dans le cas de rien donner au hasard (1), »

Pour mieux marquer son succès, mais fort inutilement d'ailleurs, le maréchal avait voulu que toute l'armée vînt camper, au moins pendant un jour, dans le camp même des Hanovriens, à Altenhagen. La marche n'était que de trois lieues ; elle dura, pour certains corps, une journée entière ; les uns avaient été oubliés par l'état-major, les autres égarés par les guides. Si l'ennemi eût encore été là, ce désordre aurait-il été moindre? peut-être ; mais le doute seul devait inspirer de sérieuses réflexions au maréchal. « Arrivés à onze heures du soir, écrivait M. de Gisors à son père, nous n'avons trouvé aucun emplacement marqué, et nous nous sommes mis où nous avons pu pour passer la nuit au bivouac. Le soldat vous eût fait pitié, tombant à tout moment sur le verglas et obligé de porter sa paille... Plusieurs, excédés de fatigue, sont demeurés en chemin, me demandant pardon de ce qu'ils n'avoient plus

(1) 31 décembre 1757. Correspondance Diivcrney-Créinille, n°di.

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